Economie

Un café avec… Ismail Douiri DG du Groupe Attijariwafa bank

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ALM : Thé ou café ?

Ismail Douiri : Café !

Vous venez de recevoir une belle distinction. Que ressentez-vous et surtout quel serait le message aux autres décideurs pour aiguiser leur leadership ?

Je me sens honoré d’avoir été choisi parmi tant d’autres personnes tout aussi méritantes, et je ressens de la fierté de représenter mon pays dans une récompense à caractère international. Je n’ai de leçon à donner à personne en matière de leadership : j’ai été choisi avant tout parce que mon employeur, Attijariwafa bank, a bousculé les lignes établies sur le marché bancaire africain et que j’ai modestement contribué à ses réalisations. Je pense aussi avoir fait la différence avec les autres candidats grâce à mon implication pour aider les jeunes diplômés d’Harvard, grâce à mon engagement dans l’associatif en tant que président de Care International Maroc, et grâce au fait que j’ai été entrepreneur à un moment de ma carrière.

Polytechnicien, vous avez été certainement un bucheur en classe… Si vous deviez revenir sur cette période estudiantine…

C’est une période heureuse de ma vie, où tout était plus ordonné et plus prévisible, et qui m’a permis de côtoyer des personnes passionnées et à la pointe de leurs disciplines respectives. J’ai aussi pu pousser jusqu’au bout ma résistance et me prouver que tout est possible quand on s’en donne les moyens et qu’on en a suffisamment envie !

Quelle est la recette selon vous pour réussir sa trajectoire?

Ne pas trop planifier. Avoir des buts à la fois réalistes et ambitieux. Poursuivre un seul but à la fois. Savoir abandonner sans regret ce qui n’est pas compatible avec ses buts immédiats. Toujours rester soi-même sans se laisser distraire ni chercher à plaire.

Si je vous dis capital humain, vous pensez à quoi directement en tant que leader?

Au plaisir que procure le fait d’aider ses collaborateurs à se développer, et à l’efficacité qu’on obtient lorsqu’on réussit à s’entourer d’un groupe de professionnels compétents, complémentaires et motivés.

Tout le monde a les yeux rivés sur l’Afrique. Comment voyez-vous ce nouvel eldorado?

Ce n’est pas un eldorado : c’est bien réel ! Le continent, longtemps resté à la traîne, s’est enfin réveillé et affiche des croissances économiques soutenues. Il recèle de nombreuses opportunités qu’il convient d’analyser objectivement afin d’en estimer à la fois les perspectives de rentabilité et les facteurs de risque, avant de déployer les plans d’action associés, tout en restant agile et vigilant.

On vous proposerait un poste honorifique au Gabon, vous accepterez le challenge?

Au Gabon, pays que je connais bien et apprécie beaucoup, comme ailleurs, tout dépend de la mission !

Votre philosophie dans la vie ?

Je ne sais pas si j’ai une philosophie particulière, mais je considère que je suis seulement un individu parmi les 7 milliards que compte l’espèce humaine, brièvement de passage dans ce monde, et qui cherche, à la mesure de mes moyens, à contribuer positivement sur mon environnement.