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Un diagnostic de solutions à apporter à la question de l’emploi

Un diagnostic de solutions à apporter  à la question de l’emploi

A l’initiative de la BAD et du ministère de l’inclusion économique

Pour Nadia Fettah, ce n’est ni la fonction publique ni le patronat qui sont la solution mais «l’entrepreneuriat même dans le monde rural». «Nos régions ont aussi des avantages compétitifs», poursuit-elle.

La problématique de l’emploi dans la période post-Covid préoccupe toujours aussi bien les chômeurs que les décideurs. Un sujet qui a fait l’objet de débat, ce 8 juin à Rabat, à l’initiative de la Banque africaine de développement (BAD) avec le ministère de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences lors d’une conférence régionale qui a démarré mardi. Une rencontre qui se veut pratique au sens des participants venus également de la région MENA outre la nouvelle plateforme régionale «eina4jobs» (Entrepreneurship, Innovations and Advice for Jobs), financée par la coopération danoise.

«Entreprendre en société»

Bien que cet événement soit intitulé «Le futur de l’emploi et le rôle de l’entrepreneuriat et des TPME» en Afrique du Nord, le ministre de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, lui préfère l’appellation d’«Entreprendre en société». Pour lui, “entreprendre devrait signifier être encouragé autrement par les pouvoirs publics”. «Entreprendre devrait aussi être en interaction avec la société», explicite-t-il. Il est question, pour lui, de «former une génération d’entrepreneurs». Celle-ci étant tel qu’il la qualifie, «égalitariste», ambitieuse. «L’entrepreneuriat s’impose comme corridor», poursuit-il en rappelant qu’environ 94% du tissu économique est formé de TPME.

Dans ce sens, il tempère la situation. «Mais nous allons nous retrouver avec une grande part avec une économie solidaire», avance-t-il. C’est pourquoi il se pose la question sur la volonté de promouvoir l’entrepreneuriat ou un effort d’investissement. «C’est là la difficulté», commente-t-il. À cet effet, il propose des solutions. «Nous sommes amenés à opérer un changement pour le cadre législatif. Nous allons offrir plus d’accès avec de nouveaux types de financement, d’accompagnement par les régions en stimulant l’entrepreneuriat féminin», ajoute-t-il en aspirant à une «orientation générale». A son tour, Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’économie et des finances, véhicule la même dimension sociale.

«Les jeunes sont notre dividende social», s’exprime-t-elle. Pour la responsable, ce n’est ni la fonction publique ni le patronat qui sont la solution mais «l’entrepreneuriat même dans le monde rural». «Nos régions ont aussi des avantages compétitifs», poursuit-elle. L’idée pour elle serait de capitaliser sur l’existant en trouvant des solutions. «Ce qui compte dans l’entrepreneuriat, c’est l’accompagnement», ajoute-t-elle. Dans ce sens, il s’agit, tel qu’elle l’explique, de former le maximum de personnes.

Ce qui se passe chez les voisins

Également de la partie, le ministre tunisien de l’emploi et de la formation professionnelle, Nasreddine Nsibi, présente l’expérience de son pays. «Nous essayons d’être concrets», indique-t-il. Dans ce sens, il précise que l’Etat tunisien «évite beaucoup de barrières et formalités qui ne sont pas nécessaires pour ne pas ralentir l’effort d’entrepreneuriat». Son pays double également la période de mise en disponibilité jusqu’à 3 ans renouvelables pour encourager les personnes qui ont de l’expérience et souhaitant partir à l’entrepreneuriat. «Nous essayons d’apporter de nouveaux moyens, y compris ceux financiers et de mobiliser le secteur privé», ajoute-t-il. Par la même occasion, il met en avant le rôle de l’Etat qui «doit prendre des risques avec les jeunes pour plus d’opportunités». Dans ce sens, il révèle le montant de 10 millions d’euros pour financer sur 3 ans des projets d’entrepreneurial collectif en créant une culture de solidarité. «La seule garantie c’est le projet», enchaîne le ministre en provenance de Tunisie. Mieux encore, les jeunes peuvent y transmettre leurs projets au cas où ils veulent changer.

Les exemples de la BAD et de l’INDH

Pour sa part, la vice-présidente du département régional de la BAD, Yacine Fal, donne des exemples de projets financés par cette structure bancaire. C’est le cas de cet agriculteur, Abdelhak, qui en a, tel qu’elle l’illustre, bénéficié dans le cadre d’un appui de cette banque au Plan Maroc Vert. Elle donne également l’exemple d’autres bénéficiaires en Tunisie et Égypte ainsi que d’autres de par l’Afrique. «La jeunesse ose entreprendre», estime-t-elle. A son sens, cette rencontre est destinée à «trouver des solutions d’accompagnement». Cet accompagnement est illustré par le wali et coordinateur de l’INDH, Mohamed Dardouri, notamment au niveau de la 3ème phase de cette initiative (2019-2023).

Celle-ci comprend notamment un 3ème programme qui se veut, tel qu’il l’indique, d’améliorer les revenus économiques des jeunes ainsi que leur inclusion. Le montant qui y est alloué est estimé à «4 milliards DH». «Pour accompagner les jeunes, il faut commencer très à l’amont de l’entreprise», poursuit-il. Quant à l’inclusion, elle est, pour lui, une problématique complexe». Il y a beaucoup de problèmes, avance-t-il en s’inspirant de son expérience sur le terrain. «Beaucoup de personnes sont perdues», diagnostique-t-il en mettant en avant l’accompagnement offert par l’INDH avant, pendant et après la création de l’entreprise. Tel qu’il le dit, cet accompagnement offert par des plateformes à commencer par celle inaugurée par le Souverain aux environs d’Agadir avec un financement jusqu’à 100.000 DH, peut rester jusqu’à un an. Pour l’heure, l’INDH a entre autres amélioré environ 20.000 coopératives. «Nous sommes en train d’accompagner les jeunes pour les former à l’entrepreneuriat», avance-t-il. Le tout avec une devise de «faire atterrir les politiques publiques là où elles doivent atterrir». Une initiative qui a gagné en appréciation lors de l’événement.

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