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Un potentiel touristique inexploité

Dans la région de Safi, et particulièrement en ce qui concerne les plaines des Abda et H’mer, les curiosités touristiques ne manquent pas. Les plages aux mille charmes embellissent une côte atlantique nourricière : Souiria, Lalla Fatna, le Cap. A l’intérieur, des maisons-forteresses constituaient des maillons d’une chaîne défensive et dissuasive à l’adresse des tribus rebelles d’antan : la «Dar El Caïd Si Aissa, (en état de dégradation continue ) , «Dar El Caïd El Hajji», Casbah de Hmiddouch, la forteresse de Souiria.
Vers la région de H’mer, des plaines dignes des plus beaux panoramas hollywoodiens, abritent une réserve de gazelles Dorcas, le lac Zima, le mausolée Sidi Chiker (un des compagnons, paraît-il , de Oqba Bnou Nafi) et une ancestrale tradition de chevalerie et d’élevage des chiens «Sloughi».
En somme, que ce soit à l’intérieur de la ville ou à l’extérieur, le potentiel touristique demeure remarquable… mais pour une très grande partie, il est inexploité.
Pour expliquer la léthargie du tourisme à Safi, et, partant, leur incompétence, les responsables, autrefois, avançaient des arguments tels la pollution réelle et/ou imaginaire dégagée par les industries chimiques, l’éloignement des circuits consacrés, passant par Marrakech entre autres, une infrastructure inadéquate avec une qualité minimum et une image de marque assez négative. Le choix d’une stratégie de développement du secteur touristique doit émaner d’une volonté conjointe des professionnels (hôteliers, restaurateurs, cafetiers, transporteurs, coopératives d’artisans …) et des autorités locales avec leur corollaire communal. Les autorités ont certes commencé un travail de marketing appréciable par la publication d’une brochure de bonne facture consacrée aux charmes de Safi sous le titre évocateur : «Destination Safi». Cet effort s’inscrit dans une optique étatique traçant comme objectif à atteindre 10 millions de touristes à l’horizon 2010.
Actuellement, l’instrument d’intervention le plus valable reste l’institution du syndicat d’initiative. A Safi, ce syndicat n’a plus d’assise légale étant donné qu’il ne procède plus à l’obligation du tiers sortant depuis tant années, mais continue, malgré cela, à gérer des contrats de location d’un restaurant et d’un café. Ainsi, l’autorité se doit d’une part d’intervenir afin de procéder à une opération chirurgicale dans le but salutaire d‘enlever la gangrène mafieuse qui sévit dans ce secteur et ce, depuis des lustres, et d’autre part, de relever le défi pour permettre d’accueillir nos 10 millions de touristes et offrir du travail à une jeunesse locale en quête de dignité citoyenne. Alors, pour avoir de belles roses ne faut-il pas manier le fumier ? Bref, à quand le nettoyage?

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