Un accord de prêt relatif au financement additionnel du programme «Appui au secteur de l’éducation» a été signé, mercredi à Rabat, par le ministre délégué chargé du budget, Fouzi Lekjaa, et le directeur du département Maghreb et Malte, Moyen-Orient et Afrique du Nord à la Banque mondiale, Jesko Hentschel, en présence du ministre de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports, Chakib Benmoussa.
Le Maroc se fait donc accompagner par la Banque mondiale dans la réforme de l’éducation. Intervenant lors de la cérémonie de signature de l’accord de prêt, M. Lekjaa a fait savoir que ce financement additionnel s’élève à 250 millions USD, ce qui portera le financement total du programme à 750 millions USD. Il a également souligné l’importance capitale de cet accord qui vise à poursuivre l’accompagnement des réalisations de la réforme de l’éducation dans le Royaume, ainsi qu’à relever les défis et enjeux de cette réforme. Ce financement additionnel permettra également un appui technique de 12 millions USD pour aider le Maroc à atteindre les objectifs ambitieux de la feuille de route stratégique. De son côté, M. Benmoussa a mis en évidence l’importance de cet accord de prêt qui soutient parfaitement, a-t-il dit, la mise en oeuvre de la feuille de route stratégique 2022-2026 du ministère de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports. Et d’ajouter que ledit programme vise en effet à établir un environnement favorable à la prestation de services d’éducation préscolaire de qualité, améliorer les pratiques d’enseignement dans l’éducation de base et renforcer les capacités de gestion et de responsabilisation le long de la chaîne de prestation de services éducatifs. Pour sa part, M. Hentschel a noté que l’accord vise à soutenir les efforts du Royaume dans l’amélioration de l’environnement et des capacités d’apprentissage des enfants. Ce financement additionnel permettra de faire un focus sur la qualité tout en tablant sur des résultats importants du côté quantitatif avec «100.000 enfants additionnels du préscolaire et 12.000 enseignants», a-t-il indiqué. Ledit programme est structuré autour de trois composantes : la première porte sur l’établissement d’un environnement favorable à la prestation de services d’éducation préscolaire de qualité grâce à la mise en place d’un programme de formation pour les éducateurs du cycle préscolaire, le déploiement d’un système de formation au profit de 20.000 éducateurs et éducatrices du cycle préscolaire et le développement d’un cadre et la mise en oeuvre d’outils pour mesurer la qualité de l’environnement d’apprentissage au préscolaire. La deuxième orientation concerne le soutien de l’amélioration des pratiques d’enseignement dans l’éducation de base en améliorant les modèles de sélection, de recrutement, d’insertion et de déploiement des enseignants, en consolidant un modèle de formation cohérente, coordonnée et globale et en mettant en place des cours de formation en ligne et une plateforme technologique pour le partage du savoir. Enfin, la troisième orientation vise à renforcer les capacités de gestion et de responsabilisation le long de la chaîne de prestation des services éducatifs en numérisant les données recueillies au niveau des écoles dans le système d’information et de gestion de l’éducation (Massar), en mettant en place un mécanisme d’évaluation et d’appréciation pour la réalisation de projets scolaires comprenant des lignes directrices, des règles pour le suivi et le feedback et en créant un système d’évaluation aux niveaux provincial et régional.
Contrôle des dépenses
Il faut préciser que la signature de cet accord intervient quelques jours seulement après l’événement organisé concernant le contrôle des dépenses dans le secteur de l’éducation. Dans les détails, une réunion sur la Revue des dépenses publiques avait été tenue en présence des représentants de la Banque mondiale. Le ministre délégué auprès de la ministre de l’économie et des finances, chargé du budget, Fouzi Lekjaa, avait souligné alors l’importance de veiller à ce que les ressources disponibles soient utilisées de manière à réduire l’inefficacité des dépenses courantes du secteur de l’éducation. M. Lekjaa avait indiqué que la mobilisation des ressources supplémentaires pour l’éducation et le fait de s’attaquer aux causes profondes de l’inefficacité des dépenses exigent une mise en place d’une expertise multisectorielle regroupant les ministères de l’éducation et des finances, ainsi que d’autres parties prenantes, notamment la Banque mondiale, afin d’aider à développer et à mettre en oeuvre les systèmes de gestion d’une dépense éducative efficace et efficiente. L’objectif est aussi de renforcer les capacités de suivi et d’évaluation des dépenses d’éducation, identifier les goulots d’étranglement du financement et développer des interventions pour y remédier, circonscrire l’ampleur et les causes des inefficacités des dépenses, et développer des outils de diagnostic adéquats, a-t-il expliqué, notant que cela fait partie des attentes de cet exercice de Revue des dépenses publiques par rapport à l’éducation. Pour sa part, le directeur du département Maghreb et Malte à la Banque mondiale, Jesko S. Hentschel, avait mis en relief l’importance de l’exercice de Revue des dépenses publiques, saluant l’engagement du Maroc en la matière. Il avait, dans ce sens, relevé deux points importants pour la réussite de cet exercice, à savoir le cadre institutionnel, constitué des différents départements du ministère de l’économie et des finances et des autres ministères, ainsi que les données, notamment celles à caractère individuel spécifique. Cette réunion fait suite à l’Atelier de haut niveau organisé par le ministère de l’Économie et des finances en partenariat avec la Banque mondiale le 28 septembre dernier, en vue de discuter des défis budgétaires auxquels le Maroc est confronté dans la mise en oeuvre du Nouveau modèle de développement (NMD). L’Atelier de haut niveau avait également pour objectif d’explorer comment, grâce à ses services d’analyse et de conseil, tels que la Revue des finances publiques, la Banque mondiale pourrait appuyer le gouvernement du Maroc à créer une marge de manoeuvre budgétaire pour les réformes en cours et à venir. La Banque mondiale avait porté son choix, dans le cadre de l’exercice de la Revue de la dépense publique, sur les secteurs de l’eau et de l’éducation au Maroc.










