La transformation d’Oukaïmeden vise à en faire une «station verte» de référence, combinant attractivité touristique, maîtrise des coûts d’exploitation et accessibilité pour le marché national.
Transformation : La SMIT entend transformer la station d’Oukaïmeden pour en faire une destination de montagne ouverte toute l’année. Aujourd’hui limitée par des infrastructures et une forte dépendance à l’enneigement, la station sera repensée autour d’une offre diversifiée et accessible. L’objectif étant d’attirer un public plus large, prolonger les séjours et développer des activités aussi bien hivernales qu’estivales. À terme, Oukaïmeden ambitionne de devenir une véritable station «quatre saisons», axée sur les loisirs, la découverte et l’expérience familiale. Les détails.
La Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT) prévoit d’élargir la station d’Oukaïmeden, avec l’ambition de la transformer en une destination de montagne opérant toute l’année. Situé à environ 74 kilomètres de Marrakech, sur le plateau du Tizrag, le domaine skiable s’étend entre 2.500 et 3.200 mètres d’altitude, au cœur du Haut Atlas. Il est dominé par des sommets emblématiques, dont le Djebel Toubkal, point culminant d’Afrique du Nord (4.167 mètres), ainsi que les massifs du Tazaghart et d’autres crêtes enneigées en hiver. Considéré comme le site le plus enneigé du Maroc, Oukaïmeden bénéficie d’un patrimoine naturel et culturel riche, propice à une diversification des activités touristiques : ski, randonnée, découverte des gravures rupestres et immersion dans les villages de montagne. Depuis les années 1930, la station constitue un haut lieu historique des sports de montagne dans le Royaume, tout en s’imposant, durant l’été, comme un point de départ prisé pour les amateurs de trekking. Mais aujourd’hui, ce modèle montre ses limites. Conçu pour une fréquentation essentiellement hivernale, Oukaïmeden reste fortement dépendant des conditions d’enneigement, devenues de plus en plus irrégulières. Ses infrastructures, vieillissantes, ne répondente plus aux standards actuels, tandis que l’organisation du domaine et la gestion des pistes complexifient son exploitation. À cela s’ajoutent des lacunes en matière de services et d’expérience client, freinant son attractivité auprès des visiteurs nationaux et internationaux. Face à ces contraintes, les pouvoirs publics ont engagé une réflexion stratégique visant à repositionner la station autour d’un modèle « quatre saisons ». Il s’agit de dépasser le statut de simple site de ski pour en faire une véritable destination touristique de montagne, capable d’attirer un public élargi, d’allonger la durée des séjours et de lisser la fréquentation sur l’ensemble de l’année. Le nouveau schéma d’aménagement repose sur une approche structurée, articulée autour d’un point d’entrée unique et d’un parcours client progressif. Il prévoit la mise en place d’une offre touristique lisible, accessible et immédiatement commercialisable.
Cette première phase vise à générer rapidement des flux de visiteurs et des actes de consommation, grâce à des activités simples et familiales, comme la luge ou les espaces de jeux de neige. Un second niveau d’offre viendra compléter ce dispositif, avec des activités plus structurées, notamment des zones de ski d’initiation et des parcours adaptés à différents niveaux. Le but est de proposer une expérience accessible mais enrichie, permettant aux visiteurs de prolonger leur séjour. «L’absence d’une offre structurée hors saison hivernale réduit significativement le potentiel économique du site, soulignant la nécessité d’une reconfiguration vers un modèle quatre saisons, plus résilient et mieux valorisé», explique la SMIT. Au-delà de la saison hivernale, le futur projet intègre pleinement des alternatives hors neige. VTT de descente, parcours ludiques et autres activités estivales doivent permettre d’assurer la continuité de l’exploitation, même en cas de faible enneigement. Cette diversification constitue un levier clé pour renforcer la résilience économique du site.
Dans une seconde phase, la station ambitionne de monter en gamme, en développant des équipements à forte valeur d’image, tels qu’un belvédère ou des infrastructures de mobilité douce facilitant l’accès aux sommets. La remise en service de certains équipements existants, comme le télésiège TSF2, est également à l’étude, sous réserve d’un diagnostic technique et sécuritaire approfondi. En revanche, le développement d’une offre de ski expert ne constitue pas une priorité stratégique. Jugée peu rentable et difficile à sécuriser à grande échelle, cette pratique sera encadrée et réservée à un public averti. Le choix est de privilégier une approche inclusive, orientée vers les loisirs, la découverte et l’expérience familiale. En plus, la transformation d’Oukaïmeden vise à en faire une « station verte » de référence, combinant attractivité touristique, maîtrise des coûts d’exploitation et accessibilité pour le marché national. Un repositionnement stratégique qui pourrait redonner un nouvel élan à ce site emblématique du tourisme de montagne au Maroc.









