Une classe moyenne agricole, un impératif plus que jamais

Une classe moyenne agricole, un impératif plus que jamais

Accompagnement, mesures, offres… du Crédit Agricole du Maroc

«Il faut réussir son entreprise. Il y a des fonds et une volonté, mais ce qui importe c’est le succès effectif des jeunes entrepreneurs dans le milieu rural».

La création d’une classe moyenne agricole est, tel que le précise lundi après-midi à Rabat, le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, «un sujet important plus que jamais pour notre pays». Une démarche judicieuse qui intervient dans un contexte d’après-crise de la Covid et abonde parfaitement dans le sens de la stratégie «Al Jayl Al Akhdar» qui, tel que le réitère Mohammed Sadiki, met l’élément humain au centre de ses objectifs. Le responsable gouvernemental, qui s’exprimait lors d’une conférence intitulée «Redynamiser l’entrepreneuriat agricole et rural», initiée par son département et le Crédit Agricole du Maroc (CAM), livre même sa recette pour la création de cette classe.

Les services sociaux comme impératif

Comme le détaille le ministre, «une classe moyenne rurale passe par l’accès aux services sociaux». Dans ce sens, il évoque la couverture sociale sur laquelle son ministère travaille également avec d’autres départements ministériels. L’objectif étant, selon M. Sadiki, d’améliorer le niveau de vie dans le milieu rural. Quant à l’activité entrepreneuriale, elle est, à son sens, «l’un des moyens pour promouvoir l’économie rurale». «Nous ambitionnons de faire avancer le rural pour plus d’attractivité pour l’investissement et améliorer les capacités des jeunes dans ce milieu», enchaîne-t-il. A ce propos, il met l’accent sur le manque d’accompagnement, l’existence de mesures administratives au ralenti et le manque de capacités de gestion. Par l’occasion, il rappelle des appuis financiers comme «Intelaka».

Un guichet unique dans 6 régions

«Malgré l’existence de programmes, cela reste méconnu chez une grande majorité des jeunes», avance-t-il en rappelant la création par son département de nouvelles mesures d’accompagnement. Il s’agit du «guichet unique pour les porteurs de projets agricoles dans six régions». «Pour simplifier les procédures, il faut veiller à la complémentarité avec l’aspect technique et financier en allant de l’idée à la concrétisation tout en recourant à la technologie». A son tour, le président du directoire du CAM, Tarik Sijilmassi, qui abonde dans le même sens de cette «nécessité» de créer une classe moyenne, des opportunités d’emploi pour les jeunes et des PME dans le milieu rural, estime que «l’accompagnement», notamment des jeunes, demeure «important». «Il faut réussir son entreprise. Il y a des fonds et une volonté mais ce qui importe c’est le succès effectif des jeunes entrepreneurs dans le milieu rural», ajoute M. Sijilmassi. Des propos qui réitèrent les objectifs de ladite stratégie mise également en avant par Lahbib Bentaleb, président de la Fédération des Chambres agricoles. «L’accompagnement des jeunes dans le milieu rural contribuera à améliorer leur situation», estime-t-il.

81 professions agricoles à créer et 6.600 crédits accordés

Egalement de la partie, le président de la Comader (Confédération marocaine de l’agriculture et de développement rural), Mohamed Ammouri, révèle : «Nous avons besoin de 81 professions agricoles». «C’est une opportunité de créer des organisations agricoles ou PME pour répondre aux besoins des agriculteurs», poursuit-il. De son côté, la directrice du pôle accompagnement de développement agricole au CAM, Hanane Ajli, estime que le jeune rural «lui faut un accompagnement particulier». «Nous avons déjà accordé 6.600 crédits à hauteur de 800 millions DH», évalue-t-elle. Tel qu’elle l’ajoute, il y a encore de l’argent. «Il faut des idées et de la volonté», tempère-t-elle en explicitant les offres du CAM.

2 packs conçus par le Groupe

Comme le présente Mme Ajli, le 1er pack appelé «CAM-Génération Green Jeunes» est destiné aux jeunes agriculteurs ainsi qu’à la jeune entreprise rurale de services à l’agriculture. Il vise à accompagner tout porteur d’un projet viable dans le cadre d’une première installation ou d’une reconversion. Quant au CAM-Génération Green Melkisation, qui bénéficie aux ayants droit des terres collectives à titre individuel (personnes physiques) ou en groupement agricole (personne morale), il permet de réaliser des projets de modernisation des activités et pratiques agricoles. Dans l’ensemble, ces packs sont intégrés dans le cadre du programme «Al Moustatmir Al Qaraoui» (L’investisseur rural) et bénéficient des mêmes conditions le caractérisant, notamment les taux d’intérêt à 1,75% HT. En outre, «Dar (Maison) Al Moustatmir Al Qaraoui», créée par le Groupe, assurera une présence nationale par l’ouverture d’une série d’agences au sein de chaque région du Royaume. De quoi créer une synergie avec d’autres structures initiées par le ministère. C’est le cas des centres de proximité destinés au conseil agricole. A propos des centres régionaux, le DG de l’Agence de développement agricole, El Mahdi Arrifi, indique que ceux-ci sont «le seul interlocuteur pour aider les jeunes à la conception technique et financière de leur projet pour le concrétiser». «Nous devons écouter le jeune et voir s’il a le sens entrepreneurial», ajoute, pour sa part le DG de l’Office national du conseil agricole (ONCA), Jaouad Bahaji. Par l’occasion, il cite une enquête initiée par l’ONCA ; il en ressort «12.000 idées de projets». «Il y en a ceux qui révèlent ne pas avoir d’argent», poursuit-il en rappelant la prédilection de certains jeunes pour un «accompagnement». Un mot-clé revenu tel un leitmotiv lors de l’événement couronné par le partage de success stories.

 

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