ALM : Vous venez de présenter le rapport d’activité agricole 2013 de Doukkala-Abda. Comment s’est portée la région durant cet exercice ?
Abderrahmane Naili : 2013 est l’année des records pour la région. Les réalisations de Doukkala-Abda, qui s’étend sur 4 provinces, ont dépassé toutes les attentes. A ce jour, la région a atteint un rythme de réalisation de 30 projets contre 13 initialement prévus lors du lancement du Plan Maroc Vert. De même les principales filières de la région ont vu à la hausse leurs productions. Il faut dire qu’un nouveau dynamisme a été créé dans la région assurant ainsi un approvisionnement permanent du marché en produits agricoles.
Sur quel volet agricole la région est-elle plus dynamique ?
Je dirais plus au niveau de l’agriculture solidaire. Ceci ne sous-entend pas que le pilier I du Plan Maroc Vert n’a pas atteint un rythme de croissance soutenue. Au contraire, mais de par la nature de la région nous avons beaucoup plus ciblé les petits agriculteurs auprès desquels nous entamons un travail de proximité à la fois auprès des agriculteurs membres de Groupements d’intérêt économique (GIE) et des associations porteuses de projets. Nous avons fourni beaucoup d’efforts dans ce sens pour promouvoir certaines cultures, à savoir l’olivier pour lequel nous avons fixé des engagements pointus. Il en est de même pour la production de câpres, de figuiers et de vignes.
Qu’en est-il de la betterave à sucre ?
Elle se développe à merveille. On enregistre des résultats satisfaisants pour la deuxième année consécutive. L’ensemble des partenaires ont enregistré une augmentation de la superficie plantée et par conséquent une augmentation de la productivité et revenus des agricoles. A titre d’exemple, nous avons enregistré pour la première fois cette année une production de 170.000 tonnes de sucre, soit une superficie de 17.000 hectares et 1.192.000 tonnes de betteraves à sucre. Aussi, le revenu des producteurs est passé de 29.000 DH/hectare en 2012 à 45.000 DH/hectare en 2014. Le rendement moyen est de 69 tonnes par hectare avec une richesse en sucre de 18%.
Quels sont les autres indicateurs qui témoignent de la bonne tenue de l’agriculture à Doukkala-Abda ?
Je citerais dans ce sens les projets inscrits dans le cadre du programme national de reconversion de systèmes d’irrigation. A cet égard, 5 projets transverses ont été lancés portant sur la reconversion de 76.600 hectares des systèmes d’irrigation existants à l’irrigation localisée dont une première tranche de 10.700 hectares lancée en 2010.
A très court terme, nous prévoyons pour septembre prochain la mise en service d’une première partie de 2.450 hectares. De même, la superficie reconvertie individuellement en irrigation localisée durant les dernières années a atteint un cumul de 6.228 hectares.
Comment évaluez-vous le rythme des subventions accordées par le Fonds de développement agricole ?
Nous enregistrons dans ce sens une cadence moyenne annuelle de 167 millions de dirhams au profit de 5.170 agriculteurs. Depuis la création du Guichet unique en 2008 nous avons atteint un montant total de plus de 1 milliard de dirhams ayant servi à près de 31.000 agriculteurs.
A combien s’élèvent les recouvrements de créances ?
Aux derniers chiffres, ils sont de l’ordre de 216 millions de dirhams en 2014 contre 154 millions de dirhams en 2013. Le recouvrement des créances relatives aux dettes de l’eau d’irrigation s’est amélioré de 39% tandis que celui des subventions accordées aux agriculteurs de 37%.
Sur quoi repose votre nouvelle feuille de route ?
Nous comptons en perspective poursuivre la mise à jour du Plan agricole régional et ce en identifiant de nouveaux projets, donc 23 programmés pour 2014 et 2015. Nous poursuivrons également la réalisation du programme national de l’économie de l’eau par l’achèvement de l’équipement de la première tranche et la réalisation des études de faisabilité pour le lancement de la 2ème tranche qui portera sur 20.000 hectares.Nous améliorerons, par ailleurs, la production de la betterave à sucre, les céréales, le lait et la viande rouge. Nous procéderons, en outre, à l’élaboration d’un programme d’encadrement et de développement durable.
Où se positionne l’industrie agroalimentaire dans votre agenda ?
Cinq unités agroalimentaires seront créées d’ici 2015. Elles concerneront, par ailleurs, la production de câpres, grenadiers et vignes. L’Office met en œuvre dans ce sens une structure d’accompagnement et un système d’assistance technique très renforcé. Nous mobilisons dans ce sens plus de 3 millions de dirhams annuellement pour assurer le suivi.
Des conventions dans le pipe ?
En effet. Pour 2015, nous prévoyons la concrétisation de 4 conventions dont deux avec la Centrale Laitière et Nestlé. Les deux autres restantes concerneront le volet de la formation et l’encadrement des filières.
De par notre proximité avec les agriculteurs, nous avons traduit leurs doléances en projet concret. Un objectif qui n’a pu être atteint sans l’accompagnement de partenaires de poids tels que Cosumar pour la filière de la betterave à sucre et l’OCP avec qui nous scellons un partenariat portant sur 20 millions de dirhams afin d’assurer la plantation de 1.000 hectares de figuiers.
Quels sont les obstacles que vous rencontrez au niveau de la région ?
Le principal obstacle est de maintenir ce rythme de croissance. Nous transitons d’un système d’exploitation à un autre, d’où l’obligation d’être vigilants pour maintenir l’équilibre des réalisations. Nous militons aussi pour fédérer les agriculteurs dans cette dynamique d’agrégation et de coopératives. Nous devons établir un ordre organisationnel et booster leur adhésion dans un cadre associatif, notamment les femmes. Nous avons un manque à gagner dans ce sens pour doubler le tissu associatif féminin dont le nombre ne dépasse pas le seuil de 20 coopératives.










