EconomieSpécialUne

Vers un avenir plus durable : Neutralité carbone, le Maroc a fait un pas de géant

© D.R

L’énergie nucléaire a opéré un retour majeur, reconnue comme solution clé de décarbonation.

Intégration : Lors de la COP28, il s’est avéré que l’énergie nucléaire est une technologie bas carbone indispensable à la réalisation des objectifs climatiques visant à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. L’énergie nucléaire a opéré un retour majeur, reconnue comme solution clé de décarbonation. Et le Maroc attache une grande importance à la coopération internationale dans le domaine nucléaire.

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui représentait SM le Roi Mohammed VI au 2ème Sommet international sur l’énergie nucléaire organisé récemment à Paris, a souligné l’importance du nucléaire civil dans le mix énergétique national, et dont l’intégration responsable et progressive est considérée comme un prolongement naturel. Il a indiqué que le Royaume dispose d’un socle scientifique et institutionnel solide dans ce domaine. A partir de 2009, le Maroc a lancé, sous l’impulsion du Souverain, une stratégie énergétique intégrée, fondée sur 3 piliers fondamentaux, à savoir la diversification du mix énergétique, le développement massif des énergies renouvelables et le renforcement de la sécurité énergétique nationale, a rappelé le Chef du gouvernement, notant que de ce fait, « à fin 2025, les énergies renouvelables représentent plus de 46 % des capacités installées de notre système électrique, et nous atteindrons 52 % avant 2030 ». Mais outre la production d’électricité, le nucléaire civil ouvre des horizons multiples, notamment la production d’hydrogène vert, le dessalement de l’eau de mer, la médecine nucléaire et la sécurité alimentaire, a-t-il relevé, faisant remarquer que les gisements phosphatiers du Royaume, qui contiennent des quantités significatives d’uranium naturel, confèrent au Maroc une dimension stratégique supplémentaire dans le débat international sur le nucléaire civil. Soulignant que le Maroc attache une grande importance à la coopération internationale dans le domaine nucléaire, le Chef du gouvernement a affirmé qu’en tant qu’« Etat partie à l’ensemble des instruments internationaux relatifs au désarmement et à la non-prolifération, le Royaume du Maroc assume pleinement ses engagements ». Dans ce domaine, toujours selon M.Akhannouch, «le Maroc s’efforce également de contribuer au renforcement des capacités scientifiques et réglementaires des pays africains, dans le cadre de notre coopération Sud-Sud ». Le Chef du gouvernement a, par ailleurs, rappelé que dans un monde où la stabilité énergétique n’est plus seulement un enjeu économique, mais un enjeu de souveraineté et où des menaces globales fragilisent les équilibres internationaux, la question du nucléaire civil s’impose comme un levier stratégique incontournable. L’accélération du changement climatique, l’augmentation de la demande mondiale en énergie et les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement imposent aujourd’hui une transformation profonde des systèmes énergétiques, a expliqué M.Akhannouch, relevant, dans ce sens, que des solutions bas carbone, comme l’énergie nucléaire, peuvent être explorées.
Et la COP28 a eu le mérite de trancher: l’énergie nucléaire est une technologie bas carbone indispensable à la réalisation des objectifs climatiques visant à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. L’énergie nucléaire a opéré un retour majeur, reconnue comme solution clé de décarbonation. Plus de 20 pays, dont la France, les USA et le Japon, ont signé une déclaration visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050 pour atteindre la neutralité carbone. Et de conclure que « les transformations énergétiques que nous engageons aujourd’hui, dans la responsabilité partagée, dessineront le monde de demain et l’objectif est clair : faire du nucléaire civil un pilier de stabilité régionale, un vecteur de paix durable, et un héritage de progrès pour les générations à venir ».

Une stratégie bas carbone audacieuse

Il faut rappeler à cette occasion qu’en lançant une stratégie bas carbone ambitieuse, avec pour objectif ultime d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le Maroc a fait un pas de géant vers un avenir plus durable. Une initiative qui repose sur quatre piliers fondamentaux qui guideront le pays dans sa transition vers un modèle énergétique plus propre et respectueux de l’environnement.
Le premier pilier de cette stratégie est le renforcement du déploiement des énergies renouvelables. Le Maroc s’engage à accélérer le fort développement des énergies renouvelables et promouvoir le développement de l’hydrogène vert pour décarboner l’industrie. En outre, l’accélération de l’électrification et la généralisation de l’efficacité énergétique dans tous les secteurs occupent une place centrale. Le pays prévoit d’électrifier les transports et l’industrie, tout en mettant en œuvre des mesures visant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et des appareils. Les nouvelles chaînes de valeur dans l’économie circulaire et la valorisation des déchets sont également encouragées. Le troisième pilier de cette stratégie concerne le développement d’une agriculture écologique et les écosystèmes forestiers durables, adaptés aux changements climatiques et résilients.
Enfin, la promotion d’une nouvelle génération de régions et villes sobres et intelligentes. A cet effet, le pays prévoit de développer des transports publics et une logistique numérique et multimodaux, tout en favorisant les modes de déplacement doux.
Pour concrétiser cette vision ambitieuse, le Maroc adopte une approche méthodologique rigoureuse, incluant la modélisation de trajectoires bas carbone à l’horizon 2050 et une collaboration étroite avec les partenaires nationaux et internationaux, accompagnée par la mise en place d’une évaluation des impacts macroéconomiques des scénarios de décarbonation des secteurs clés, avec des propositions de mesures opérationnelles.
Les résultats escomptés sont significatifs, avec la création prévue de 400.000 emplois, une croissance projetée du PIB de 5% et l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050. Cette stratégie sera régulièrement suivie et évaluée, avec une mise à jour annuelle de la modélisation et une collaboration continue avec les parties prenantes nationales et internationales.

C’est le titre de la boite

Le rôle du nucléaire civil face aux défis énergétiques et climatiques mondiaux

Sommet. Le 2ème Sommet mondial sur l’énergie nucléaire a été organisé à l’initiative du président français, Emmanuel Macron, en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Il a réuni chefs d’État et de gouvernement, responsables d’organisations internationales, institutions financières, industriels et experts afin d’échanger sur le rôle du nucléaire civil face aux défis énergétiques et climatiques mondiaux. Cette rencontre de haut niveau se veut comme un cadre politique de référence pour le développement du nucléaire civil, en complément des enceintes techniques de l’AIEA et en amont de plusieurs échéances internationales prévues en 2026, dont la conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Elle offre également l’occasion de réaffirmer le rôle du nucléaire dans la sécurité énergétique, la transition vers une électricité bas carbone et le développement industriel.