ZLECA, une aubaine pour les échanges intra-maghrébins

ZLECA, une aubaine pour les échanges intra-maghrébins

Alors que la sous-région est toujours moins intégrée au niveau continental

Le commerce intra-maghrébin reprend de plus belle. A fin 2018, les échanges ont porté sur un volume de 3,6 milliards de dollars enregistrant une hausse de 23% par rapport à 2017.  Cette progression marque en effet une rupture avec le cap 2013-2017, période durant laquelle les échanges commerciaux entre les pays du Maghreb ont décéléré perdant jusqu’à 45% de leur volume. Cette évolution vient donner une lueur d’espoir dans cette zone géographique toujours moins intégrée au niveau continental. D’autant plus que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) devra dynamiser le commerce du marché maghrébin qui ne profite que de 3,34% des exportations du groupement économique de l’Union du Maghreb Arabe. Partant de ce constat, la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA) et l’Union du Maghreb Arabe (UMA) ont tenu lundi un séminaire régional à Rabat permettant d’évaluer l’impact de la ZLECA sur les économies maghrébines et de contribuer à la formulation de nouvelles stratégies plus intégrées et coordonnées. Une rencontre à laquelle ont pris part des officiels et hauts représentants des cinq pays de l’UMA ainsi que les négociateurs en chef de la Zone de libre-échange continentale africaine.

L’objectif étant d’assurer une meilleure implication des acteurs clés de l’Afrique du Nord et d’encourager les économies maghrébines à renforcer leur positionnement dans le processus de construction du marché unique africain. «La mise en place de la ZLECA jouera un rôle fondamental dans la réalisation des objectifs, en termes d’attractivité de nouveaux investissements et de réalisation d’étapes supplémentaires de la chaîne de valeur de produits sur le sol maghrébin», peut-on relever de la CEA dans sa note conceptuelle dudit séminaire.

En effet, le marché unique africain se veut un cadre propice pour une réelle intégration commerciale à la fois sous-régionale et continentale. L’objectif escompté par cette zone commerciale est de faire augmenter à plus de 60% les échanges intra-africains, soit un potentiel de 42 milliards de dirhams. Pour le Maghreb, la zone contribuerait à l’atténuation des défis de développement auxquels font face les pays de la sous-région.

Citons dans ce sens la faiblesse de l’investissement, le manque de connectivité et les défis liés à la sécurité. Face aux mutations continentales, les pays du Maghreb sont appelés à s’engager dans une transformation structurelle de leurs économies.

La priorité étant de développer davantage de chaînes de valeur régionales. «Plusieurs secteurs de l’industrie manufacturière pourraient être développés dans le cadre de chaînes de valeur régionales continentales. La détermination de ces secteurs se base, d’une part, sur des échanges déjà existants, et d’autre part sur le fait que les échanges régionaux dans ces secteurs peuvent parfois être sensiblement supérieurs au niveau courant du commerce régional», souligne la CEA à ce propos. Et de préciser qu’ «il s’agirait ainsi pour les États maghrébins de renforcer ces activités, en amplifiant la capacité locale à répondre à la demande continentale». La CEA fait savoir par ailleurs que les potentialités de développement économique et industriel de la sous-région sont probablement les plus élevées du continent. Le Maghreb dispose en effet de plusieurs facteurs avantageux.

Citons à cet effet leur bon positionnement au niveau géostratégique ou encore leur proximité du marché européen. De même, l’environnement des affaires semble favorable à l’intégration économique régionale, avec par ailleurs une main-d’œuvre bon marché. Le potentiel de croissance du commerce intrarégional au Maghreb évalué par la CEA est de près de 70%. Cette prévision est envisageable une fois les conditions réglementaires relatives à la facilitation du commerce de marchandises et des services sont mises en place. A cette condition s’ajoutent également les aspects liés à l’amélioration de l’investissement, de la politique de la concurrence et de la propriété intellectuelle.

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