Zones agro-industrielles : Un plan d’action pour Drâa-Tafilalet

Zones agro-industrielles : Un plan d’action pour Drâa-Tafilalet

Pomme, rose à parfum, olivier, safran, amandier… la région Drâa-Tafilalet regorge d’un potentiel agricole important. Son exploitation répond toutefois à des modes d’exploitation traditionnels.

Dans ce sens le Centre régional d’investissement Drâa-Tafilalet travaille sur la mise en œuvre des zones industrielles dédiées au secteur agro-industriel dans la région. L’objectif étant d’améliorer la productivité agricole et de déployer des modes d’exploitation modernes. Il s’agit pour le CRI de renforcer les leviers de croissance autonome des différentes filières agricoles de la région et de saisir de nouvelles opportunités. Un plan d’action sera mis en place pour atteindre des objectifs clairs et quantifiables à l’horizon 2030. Le développement des chaînes de valeur dans la région se heurte à quelques contraintes dont la faiblesse d’attractivité du secteur agricole par les jeunes. Les modes d’exploitation agricoles traditionnels sont plus répandus dans la région, ce qui ouvre la voie à la création de nouvelles opportunités de développement. «L’agriculture traditionnelle est présente principalement dans les oasis de montagne et les oasis de plaine.

Elle se caractérise par des systèmes de polyculture-élevage, suivant des pratiques agraires et savoir-faire locaux. Il s’agit principalement d’une arboriculture diversifiée, notamment fruitière, composée de palmiers dattiers et d’oliviers dans les plaines. Dans les exploitations de type traditionnel, les céréales, les légumineuses, le maraîchage et le fourrage sont cultivés en association ou en rotation», explique le CRI Drâa-Tafilalet ajoutant que les terres arables occupent une part mineure du territoire et sont confinées dans des vallées étroites et soumises à un système d’héritage qui en fait un puzzle de petites parcelles et dispersées.

Dans cette partie du Royaume, l’agriculture moderne se développe progressivement, en particulier en dehors des oasis traditionnelles. «Elle se caractérise par de grandes parcelles de monoculture et concerne en particulier les palmiers dattiers. Le développement de l’agriculture moderne s’appuie sur l’utilisation d’équipements modernes et l’accès aux nappes d’eau souterraines. De plus, la croissance de la surface agricole utile (SAU) a remodelé la répartition des surfaces agricoles en faveur des productions à plus forte valeur ajoutée telles que l’arboriculture fruitière et le dattier. En effet, les productions issues des filières d’arboriculture fruitière et phœniciculture ont augmenté respectivement de 14% par an et 3% par an depuis 2009. A l’inverse, les productions d’amandes et de fourrage ont diminué respectivement de 13% et 30% par an sur la même période», souligne la même source. Côté élevage, la région représente une quote-part de 8% du cheptel national avec plus de 2,32 millions de têtes. Elle compte un cheptel caprin, ovin, camelin et ruches d’abeilles conséquent, soit respectivement 14% du cheptel national de caprin (778.000 têtes), 7% pour les ovins (1.417.000 têtes), 7% pour les camelins (13.900 têtes) et 6,6% des ruches (33.020).

Le cheptel bovin ne constitue pour sa part que 3,5% du cheptel national (115.700 têtes). Dans cette région, on notera que deux systèmes d’élevage sont pratiqués, à savoir l’élevage intensif des bovins et des ovins «D’man» (race d’ovins spécifiques) ainsi que l’élevage intensif de bétail composé d’ovins, caprins et camelins. Il faut dire que le Plan Maroc Vert a permis la mise en œuvre de mesures bénéfiques à la région qui connaît une forte croissance de son cheptel ovin (2,6% par an entre 2009 et 2016 contre 1,7% au niveau national) et de sa filière apicole (5,3% par an contre 3% au niveau national).

Néanmoins, la part des productions régionales de viandes, lait et miel dans la production nationale reste faible, en raison de la prédominance des modes d’élevages traditionnels. Notons que Drâa-Tafilalet s’étale sur une superficie de 90.000 km carrés avec pour chef-lieu Errachidia. Elle se compose de 5 provinces, à savoir Ouarzazate, Zagora, Errachidia, Midelt et Tinghir. Au total, cette région abrite 125 communes dont 16 territoriales urbaines et 109 territoriales rurales. D’ailleurs, 2/3 de sa population est rurale.

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