EditorialUne

A fonds perdus

L’urgence de la réforme de l’enseignement vient d’être mise en lumière avec plus d’acuité avec la publication récente du classement mondial PISA relatif au niveau des élèves et au titre duquel le Maroc figure parmi les 10 derniers pays sur 81.

Un classement qui ne semble pas avoir ému ni interpellé les activistes des coordinations qui passent leur temps à chauffer les enseignants au sujet des revendications salariales, avancements de grades et autres questions d’ordre matériel. Mais ceci est un autre débat. Le fait est que l’urgence de la réforme n’est pas seulement en relation avec la performance de l’école. Elle est aussi d’ordre économique et stratégique pour la trajectoire de développement que le Maroc veut et doit se tracer pour les deux prochaines décennies. En 2010, le PIB par tête d’habitant au Maroc était de 3.300 dollars par an.

En 2022, il est passé à 3.500 dollars, soit une évolution de 6%. Pour toute une décennie, la performance est très timide, voire médiocre. Or, tout le monde s’accorde à dire que le Maroc est presque condamné à assurer de manière durable un taux de croissance annuel du PIB d’au moins 6%. Ramené à la productivité individuelle, le Marocain doit atteindre un niveau de productivité au moins deux fois plus élevé que celui affiché depuis plus de dix ans. Et pour cela, il n’y a pas d’autres voies que la qualification et la formation du capital humain. Et ce n’est pas faute de volonté de la part des pouvoirs publics si le système éducatif n’y arrive pas encore. Pour preuve, le budget global, de fonctionnement et d’investissement, alloué par l’État à l’ensemble du système depuis le préscolaire jusqu’au supérieur a presque doublé entre 2010 et 2024 en passant de 49,3 à 93 milliards DH. La question est de savoir pourquoi avec le double du budget, notre école est restée défaillante et notre économie en panne de productivité…

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