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À la hauteur du Maroc

© D.R

Il est des transformations qui finissent par imposer leur rythme. Depuis plusieurs années, le Maroc a changé d’échelle. Les politiques publiques se construisent désormais sur des horizons de dix, vingt ans, voire plus. Les investissements se comptent en centaines de milliards de dirhams. Protection sociale, santé, éducation, souveraineté hydrique, transition énergétique, industrialisation ou préparation de la Coupe du monde 2030 : autant de chantiers lancés en si peu de temps et qui traduisent une même ambition, celle d’un pays qui ne gère plus seulement le présent mais prépare son avenir.
Une telle évolution ne peut rester sans effet sur la vie politique. À mesure que le Maroc élève ses standards, les partis sont appelés à élever les leurs. Les recettes d’hier, fondées sur une succession de promesses sectorielles, montrent progressivement leurs limites face à un pays engagé dans des transformations structurelles. Les citoyens n’attendent plus seulement des engagements. Ils veulent comprendre la vision qui les relie, la cohérence qui les porte et l’horizon qu’ils dessinent.

C’est dans cette évolution que s’inscrit la démarche adoptée par le Rassemblement national des indépendants (lire l’article en pages 4 à 7). En présentant une feuille de route élaborée progressivement au fil de rencontres régionales avant de la rassembler autour d’une même philosophie, le parti rompt avec l’exercice classique du catalogue électoral. L’ambition n’est plus uniquement d’additionner des mesures, mais de proposer une trajectoire où pouvoir d’achat, services publics et emploi participent d’un même projet de société.

Au-delà du contenu, c’est cette méthode qui mérite d’être relevée. Elle traduit une manière différente de concevoir le rôle d’un parti politique : non plus comme un simple producteur de promesses, mais comme un acteur capable de construire une vision et d’accompagner les grandes mutations du pays.

Cette exigence dépasse d’ailleurs le seul RNI. Elle concerne l’ensemble de la classe politique. Plus le Maroc avance, plus le niveau d’exigence s’élève. Les formations partisanes ne seront plus jugées uniquement sur ce qu’elles promettent, mais sur leur capacité à penser le long terme, à anticiper les mutations, à proposer des projets à la mesure d’un Maroc qui, lui aussi, a changé de dimension. C’est la voie vers une véritable rupture dans l’action politique.

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