Les chiffres actuels de la cryptomonnaie donnent le vertige : un volume financier d’environ 400 milliards DH qui deviendront presque 700 milliards en 2027 et quelque 700 millions d’utilisateurs à travers le monde qui dépasseront le milliard en 2027.
Ce n’est pas par hasard si la communauté mondiale de la finance et surtout des patrons des banques centrales ont décidé de «formaliser» eux aussi la virtualisation des monnaies classiques. Mieux vaut devancer et anticiper le mouvement que de le subir sans préparation. Et ils étaient tous au Maroc, il y a quelques jours, pour faire le point avec les représentants d’organisations financières internationales comme le FMI. Certains pays sont visiblement plus avancés que d’autres. Mais au Maroc, et selon les déclarations du patron de Bank Al-Maghrib en personne, la réflexion vient tout juste de commencer. Il faudra attendre encore longtemps pour que le e-dirham voie le jour. Surtout quand on sait que l’utilisateur marocain est encore fortement et étonnamment attaché au cash dont la circulation est toujours massive dans l’économie.
Pourtant, et contrairement à la monnaie scripturale, dont les chèques, tous les ingrédients sont là pour que les cryptomonnaies soient plus facilement adoptées au Maroc. Les taux de pénétration de la téléphonie mobile, d’Internet, des smartphones sont parmi les plus élevés au monde. Le Maroc dispose déjà d’un corpus légal et réglementaire étoffé en matière de sécurisation des transactions électroniques. Et surtout, le secteur bancaire marocain est déjà suffisamment rodé avec une offre très développée en matière de e-banking et de mobile banking. C’est de la volonté et de l’implication de ce même secteur bancaire que dépendra réellement le rythme de l’entrée du Maroc dans l’ère de la finance du futur… Saâd Benmansour










