Avec l’entame des premiers rounds pour dresser l’ébauche préliminaire de la prochaine loi de Finances, le gouvernement sera inévitablement confronté à la complexité de l’exercice qui consiste à trouver le juste dosage entre le nécessaire équilibrage des finances publiques et le déploiement de politiques publiques, surtout sociales, budgétivores mais vitales. Et certaines le sont même au sens propre du terme comme l’eau ou la sécurité et la souveraineté alimentaires. Des questions brûlantes qui mettent les pouvoirs publics devant des équations souvent à plusieurs inconnues. Pendant longtemps, les approches tentées jusque-là ont souvent été tournées exclusivement vers le paramètre de l’offre, dans le sens où l’État a pour seule et unique cible de s’assurer qu’il n’y ait pas de pénuries.
Mais le niveau de gravité de la situation, à l’image de la question hydrique, impose aujourd’hui de changer d’angle d’attaque. Et si une partie de la solution résidait dans la demande elle-même et dans les modes de consommation des Marocains ? Produire suffisamment d’eau et de denrées alimentaires ne peut mathématiquement pas constituer à lui seul une solution durable ne serait-ce que pour une raison démographique. En revanche, agir sur la demande en faisant en sorte que les Marocains changent leurs habitudes en ne consommant que ce dont ils ont réellement besoin et en gaspillant moins, pourrait apporter des solutions plus durables. Mais pour cela, c’est tout un changement de mentalités qui devrait être enclenché dès aujourd’hui chez les jeunes générations à commencer par l’école primaire…










