Editorial

Alternative durable

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Le secteur informel sera l’un des axes de travail prioritaires sur lesquels le gouvernement se penchera en 2024. C’est du moins ce qu’avait laissé entendre le ministre délégué chargé du budget, Fouzi Lekjaa, lors d’une de ses récentes sorties devant les parlementaires. A de multiples reprises, de précédents gouvernements avaient eux aussi tenté d’appréhender l’économie souterraine pour tous les effets néfastes qu’elle a sur l’économie tout entière et qui se comptent en milliards de DH: manque à gagner en termes de recettes fiscales, concurrence déloyale, voire destructrice, faite aux opérateurs économiques structurés sans oublier les autres effets induits en termes de précarité de l’emploi et des salaires, d’absence de filets sociaux et des couvertures nécessaires… La pandémie du Covid avait d’ailleurs démontré le danger que présente l’économie souterraine pour un pays dans sa globalité en cas de chocs et de crises. Les enseignements ont été vite tirés puisque dès le début de l’année 2022, la généralisation de la protection sociale a été l’un des chantiers d’urgence du gouvernement en plus des programmes de restructuration en profondeur et de modernisation de plusieurs secteurs et activités pour les amener à sortir de l’informel y compris moyennant des incitations administratives, légales, fiscales et autres encouragements.
C’est que la lutte contre un secteur informel encore prépondérant en termes d’emplois ne pouvait pas réussir tant que l’approche se résumait essentiellement à la sanction et la coercition sans proposer à ces millions d’acteurs de l’informel des schémas alternatifs qui leur permettent d’améliorer leurs ressources ou du moins ne pas en perdre. Le gouvernement a commencé, à juste titre, par montrer d’abord les bonnes intentions de l’État. Aux opérateurs de montrer, dans la prochaine étape, en 2024, qu’ils sont eux aussi engagés dans ce combat collectif.