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Au noyau de l’évolution

© D.R

Il y a trente ans, imaginer que le Maroc pourrait tirer près de la moitié de son électricité du soleil et du vent aurait ressemblé à un scénario de science-fiction.

À l’époque, le pays dépendait presque entièrement des importations d’énergies fossiles et les énergies renouvelables n’étaient encore, au mieux, qu’une promesse technologique lointaine.
Il y a vingt-cinq ans à peine, au début des années 2000, qui aurait parié que la plateforme industrielle marocaine s’imposerait dans des secteurs aussi exigeants que l’automobile ou l’aéronautique ? Ces filières, longtemps considérées comme des bastions réservés à quelques puissances industrielles historiques, comptent aujourd’hui parmi les moteurs les plus dynamiques de l’économie nationale.

Ces transformations, qui paraissaient improbables il y a encore une génération, sont devenues des réalités tangibles. Elles illustrent une constante dans l’évolution du Maroc contemporain : lorsque la vision stratégique est claire et portée avec constance, les ruptures deviennent possibles.
C’est dans cette perspective qu’il faut peut-être lire les propos du Chef du gouvernement au Sommet mondial de l’énergie à Paris (lire l’article en page 3) évoquant l’option nucléaire comme un prolongement naturel du mix énergétique national. L’idée peut surprendre certains observateurs, mais elle n’a rien d’une utopie. Elle s’inscrit au contraire dans la logique d’un pays qui a déjà démontré sa capacité à anticiper les grandes mutations énergétiques et industrielles.

L’histoire récente du Maroc constitue, en effet, une démonstration grandeur nature : avec une vision, un cadre institutionnel stable, un socle socio-économique solide et un capital humain en constante montée en compétences, les ambitions les plus audacieuses cessent d’être des paris risqués pour devenir des trajectoires possibles et crédibles.
Dans un monde où les transitions énergétiques redessinent les rapports de puissance, la véritable question n’est peut-être plus de savoir si le Maroc peut se projeter vers le nucléaire. Elle est plutôt de déterminer à quelle vitesse il choisira de franchir la prochaine étape de son développement énergétique.
Car l’expérience des vingt-cinq dernières années l’a montré: au Maroc, ce qui paraît aujourd’hui ambitieux finit souvent, quelques années plus tard, par s’imposer comme une évidence.

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