Entre l’univers de la politique et celui économique et des affaires, il a toujours été admis qu’il existait des relations d’ambivalence et d’ambiguïté suivant une géométrie variable. Tantôt, les liens entre la communauté des affaires et les sphères de la politique sont donnés pour louches, toujours suspects, voire incestueux et interdits. Tantôt, et quand cela s’inscrit dans d’autres cadres ou peut servir une occasion, l’économique et le politique sont les deux faces indissociables et indispensables d’une même réalité. Le plus souvent, les deux vont de pair et se complètent presque naturellement. Du moins elles sont fortement corrélées. Ceci est encore plus vrai en matière de relations internationales. En attestent, entre autres illustrations, les chiffres récents des investissements directs étrangers (IDE) affichés par le Maroc pour l’année 2022. On y trouve, premier constat de taille, que les opérateurs économiques américains ont investi quelque 7 milliards DH au Royaume et que, surtout, ce volume est le double de ce que réalisent les entreprises françaises. Ces dernières sont données pourtant pour avoir une meilleure connaissance du terrain du fait de leur présence qui remonte à plus longtemps. Mais il a suffi de quelques mois pour que les opérateurs américains les doublent dans le prolongement de l’extraordinaire dynamique politique qui s’est installée entre les deux nations depuis quelques années. L’autre exemple vient de l’Espagne qui est devenue officiellement le premier partenaire commercial du Maroc en Europe devant la France. Bientôt d’autres pays en dehors de l’Europe pourraient en faire de même. Faut-il encore s’étonner de ce parallélisme édifiant entre la courbe du business Maroc-France et celle des relations politiques aujourd’hui exécrables ?
Saâd Benmansour










