Le séisme qui secoue depuis quelques jours le commerce mondial est de nature à susciter de profondes remises en cause de principes, de données et de lois économiques que d’aucuns croyaient indiscutables, voire immuables. Mais c’est aussi, selon certains analystes, un retour à la nature des choses avant la déferlante de la mondialisation. En annonçant l’instauration de nouveaux tarifs douaniers sur les biens et marchandises provenant d’une liste de pays et de régions, dont l’Union européenne, la nouvelle administration américaine a avancé pour principaux arguments le souci de rétablir des balances commerciales déséquilibrées et, d’un autre côté, un objectif de relocaliser sur le sol américain des industries parties s’implanter ailleurs depuis longtemps. Il est évident que personne au monde ne peut remettre en cause le bien-fondé de l’argumentaire ni la légitimité des objectifs poursuivis par l’administration américaine qui sont ceux de tous les pays. Il y a quelque temps, le Maroc avait dû taper sur la table face au partenaire turc pour des raisons similaires.
Mais le fait est que les chaînes de valeur mondiales sont devenues aujourd’hui tellement imbriquées et transfrontalières que la déconnexion aura inévitablement des répercussions à travers la planète. Relocaliser des industries nécessitera des années, voire des décennies, le temps que de nouvelles usines soient opérationnelles. Mais une chose est sûre : l’actuelle guerre commerciale, quelle que soit son issue finale, balaiera des convictions et des théories et changera durablement le visage de l’économie mondiale…