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Co-action

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Quelques jours seulement après une rencontre sportive où, par définition, il devait y avoir un gagnant et un perdant, le Maroc et la France se retrouvent autour d’un rendez-vous d’une tout autre nature, où il ne peut, et ne devrait en principe, y avoir que deux gagnants.

La visite à Rabat d’une imposante délégation gouvernementale française, conduite par le Premier ministre et composée d’une douzaine de ministres, dépasse largement le cadre du protocole diplomatique. Elle mérite une lecture plus profonde.
Les relations entre États ne se mesurent pas seulement au nombre de déclarations d’amitié ou à la chaleur des discours officiels. Elles se lisent aussi et surtout à travers la densité des dossiers traités en commun.
Lorsqu’autant de ministres chargés des secteurs stratégiques et économiques clés se déplacent ensemble, c’est qu’une relation est entrée dans une autre dimension. Les deux pays ne parlent plus seulement de coopération. Ils travaillent sur des projets.

Cette évolution est d’ailleurs perceptible bien au-delà de Rabat ou de Paris. Il y a quelques jours à peine, à plusieurs milliers de kilomètres de là, à Abidjan, un détail est peut-être passé inaperçu. Au moment où la Côte d’Ivoire présentait son nouveau Plan national de développement, destiné à mobiliser massivement les investisseurs privés, les patronats marocain et français figuraient ensemble au premier rang des partenaires venus exprimer leur volonté d’accompagner cette ambition. L’image vaut parfois davantage qu’un long discours. Elle montre que les deux pays ne se retrouvent pas uniquement pour parler d’eux-mêmes, mais aussi pour contribuer ensemble à des projets dépassant leur cadre bilatéral.

Il serait évidemment excessif de parler d’alignement parfait ou de convergence automatique sur tous les dossiers. Ce ne serait pas réaliste car les intérêts de deux États ne se confondent jamais totalement, et c’est heureux. Un partenariat solide ne suppose pas l’effacement des différences ; il repose au contraire sur la capacité à identifier des intérêts communs suffisamment forts pour justifier des projets communs.
Bâtir un partenariat sur des principes tels que le respect mutuel et la création de valeur et richesses partagées est peut-être la meilleure voie pour lui assurer une durabilité…