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Complémentarités

© D.R

Il y a des chiffres qui rassurent. Et d’autres qui révèlent. Les bilans 2024 des Centres régionaux d’investissement appartiennent clairement à la seconde catégorie (lire l’article en pages 4 à 6). Derrière les milliards validés et les milliers d’emplois annoncés, ce qui se dessine n’est pas seulement une dynamique économique. C’est une vision. Une manière de penser le développement, non plus dans le temps, mais aussi et surtout dans l’espace. Car en plus d’attirer l’investissement, de multiplier les projets, de créer les conditions de la croissance, l’autre nouvel enjeu est d’organiser cette croissance, la structurer, lui donner une cohérence territoriale.

Et les chiffres, quand ils sont finement analysés, sont très révélateurs. Tous les territoires ne mobilisent pas les mêmes volumes. Tous ne génèrent pas les mêmes emplois. Tous ne traitent pas les mêmes types de projets. Mais loin d’être un déséquilibre, cette réalité traduit un choix.
Celui d’assumer des pôles économiques puissants, capables de porter la croissance et de se connecter aux chaînes de valeur mondiales. Celui de faire émerger, progressivement, des régions intermédiaires appelées à jouer un rôle de relais. Et celui, enfin, d’accompagner des territoires en phase d’amorçage, où l’investissement prépare d’abord l’avenir avant de produire immédiatement ses effets.
Cette logique marque une petite rupture. Elle suppose une capacité d’arbitrage, une vision de long terme et une confiance dans la dynamique d’ensemble. Elle implique aussi la nécessité de veiller à ce que cette organisation n’aggrave pas les écarts, mais au contraire permette leur dépassement progressif.

Le Maroc n’est plus simplement dans une phase d’accumulation économique. Il entre dans une phase de maîtrise. Une phase où l’investissement devient un instrument de transformation, et non plus seulement un indicateur de performance.
Et c’est sans doute là que se joue l’essentiel. Non plus seulement dans le volume des investissements validés, mais dans la manière dont ils redessinent, silencieusement, la carte économique du pays.

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