EditorialUne

Confirmation mondiale

© D.R

Peu connue du grand public, TALIS – pour Teaching and Learning International Survey – réalisée par l’OCDE, est l’une des plus vastes enquêtes internationales consacrées au métier d’enseignant. Menée auprès de dizaines de milliers d’enseignants et de chefs d’établissements dans plus de cinquante pays, elle ne mesure pas seulement des performances. Elle capte le ressenti, les pratiques, les conditions réelles d’exercice du métier. Autrement dit, elle observe l’école depuis la classe.

Et ce que dit TALIS dans sa dernière édition de 2024, qui vient d’être dévoilée, est sans ambiguïté. Partout, le métier d’enseignant se transforme. Il se complexifie. La pression augmente, la charge administrative s’alourdit, l’autonomie reste souvent limitée, et une part non négligeable d’enseignants envisage de quitter la profession. Ce diagnostic n’est pas marocain. Il est mondial.
Mais au milieu de ces tensions, certains signaux doivent être soulignés. Le Maroc, par exemple, affiche des niveaux de relations enseignants-élèves comparables aux standards des pays de l’OCDE, avec un climat pédagogique globalement positif. De même, la coopération entre enseignants y apparaît relativement solide, parfois même plus structurée que dans certains systèmes où l’individualisation du métier est plus marquée. Autrement dit, tout n’est pas fragilité. Il existe des points d’appui qui changent tout.

Car lorsque les mêmes tensions apparaissent dans des systèmes éducatifs très différents, ce n’est plus un problème local. C’est un changement de modèle. Une mutation profonde du rôle de l’école et de ceux qui la font vivre.
Dans ce contexte, le Maroc offre une lecture particulière. Non pas parce qu’il échappe à ces défis, mais parce qu’il a déjà commencé à y répondre activement. Le choix d’intervenir directement dans la classe, à travers les écoles et collèges pionniers, traduit une compréhension claire de l’enjeu. Structurer les pratiques, outiller les enseignants, se recentrer sur les fondamentaux. En somme, agir là où les politiques éducatives peinent souvent à descendre. TALIS 2024 ne valide pas une réforme. Mais elle confirme une direction.

Et dans un monde où beaucoup de systèmes éducatifs sont encore au stade du diagnostic, cette différence compte. Elle ne règle pas tout. Mais elle change la nature du débat.
Car une réforme éducative se mesure, en fait, à sa capacité à transformer réellement ce qui se passe dans la classe. Et c’est précisément là que tout commence.

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