Le débat actuel, qui prend une tournure polémique, sur la surpopulation carcérale au Maroc est parfaitement en phase avec la situation à l’échelle mondiale.
Selon la base de données spécialisée World Prison Brief, la population carcérale en 2021 était de l’ordre de 11 millions de détenus dont 3 millions, soit le tiers environ, sont des personnes en situation de détention provisoire. Selon les dernières études et statistiques, la plupart des systèmes pénitentiaires de la planète sont confrontés au fléau de la surpopulation à des degrés plus ou moins grands. Dans des pays comme les Philippines, Haïti ou le Guatemala, les établissements accueillent des effectifs de détenus quatre fois supérieurs à leur capacité.
Au Maroc, certes, nous n’en sommes pas encore à un tel niveau de gravité. Mais les établissements pénitentiaires nationaux, dimensionnés pour accueillir 64.000 détenus, sont déjà et largement au-dessus de leurs capacités avec 100.000 personnes. Une telle situation donne alors tout son sens à un texte de loi voté tout récemment sur les peines alternatives.
Ces dernières, selon les prévisions, pourraient permettre de réduire immédiatement la population carcérale de près de 40.000 personnes pour qui la case prison serait remplacée par des travaux d’intérêt général, des sanctions pécuniaires ou des dispositifs tels que les bracelets électroniques. Par la même occasion, ces peines alternatives généreront des économies budgétaires conséquentes pour l’État et, le plus important, des conditions de détention respectant la dignité humaine.










