La grande réorganisation annoncée des entreprises publiques amènera ces dernières à opérer dans les mois qui viennent des levées de fonds soit pour accompagner leurs plans d’investissement ou encore et surtout pour restructurer leurs dettes avant de s’engager dans les rapprochements.
La dernière opération en date est celle que vient de réaliser l’ONCF qui a pu lever 2 milliards DH à travers une émission obligataire. Si l’Office et toutes les autres entreprises publiques réussissent jusque-là sans grande difficulté à drainer des investisseurs, notamment institutionnels, c’est probablement grâce à un atout imbattable qui n’est que la garantie de l’Etat. Les investisseurs seraient-ils aussi prompts à s’engager sans cette garantie ? En d’autres termes, si ces mêmes entreprises avaient pour leur seule défense leur business model, leur performance économique et leur santé financière, jouiraient-elles du même niveau de solvabilité et de crédibilité auprès des marchés et des investisseurs ? Certaines peut-être, d’autres moins. Non pas qu’elles soient défaillantes en termes de management mais plus parce que leur statut est souvent une source d’ambiguïté.
Car d’un côté, leur mission de service public est vitale pour le pays, surtout quand elles opèrent dans des secteurs névralgiques et lourdement capitalistiques comme l’énergie, le transport, les infrastructures. Or le service public n’est pas toujours synonyme de profitabilité. Mais d’un autre côté, il leur est demandé aussi de générer des bénéfices et d’être rentables.
La restructuration qui est aujourd’hui lancée pourrait être finalement une fenêtre idéale pour que l’Etat actionnaire et tuteur clarifie mieux le business model
qu’il veut…