Edito : Ces Marocains à la marge

Edito : Ces Marocains à la marge

40% de la population adulte marocaine ne détient aucun compte bancaire.

C’est le chiffre que vient de livrer la banque centrale dans son dernier rapport annuel sur la supervision bancaire. Il est fort à parier que dans cette proportion de la population, l’écrasante majorité, si ce n’est la totalité, est dans le secteur informel. Ce sont donc là des millions de Marocaines et de Marocains qui sont encore en dehors des écrans radars. A l’exception de quelques rares et anciennes tentatives, aujourd’hui il est difficile de savoir avec exactitude ce qu’ils font, de quoi ils vivent, combien ils produisent, combien ils consomment et ils épargnent… ce sont là aussi autant de données statistiques primordiales aussi bien pour l’élaboration de politiques publiques efficaces que pour la construction d’un modèle performant.

Et ce n’est pas tout. A la faveur de la crise sanitaire que traverse le Maroc, comme le monde, les pouvoirs publics se sont retrouvés face à des millions de familles en détresse mais sans aucun moyen de les identifier, de connaître l’ampleur des besoins avec précision pour les adresser et sans aussi pouvoir s’assurer de la fiabilité des données.

La stratégie nationale d’inclusion financière, lancée il y a quelque temps par Bank Al-Maghrib, n’est pas un luxe mais un impératif pour l’avenir de l’économie marocaine. Il ne s’agit pas seulement, comme peuvent le penser certains, d’un programme pour grossir le marché du secteur bancaire mais véritablement d’un des meilleurs moyens pour combattre l’informel et la misère en ne laissant personne à la marge…

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