Edito : Chiffres et tabous

Edito : Chiffres et tabous

La démarche scientifique et l’approche structurée, argumentée sont souvent la meilleure voie pour dépassionner les débats et lever le voile sur les sujets délicats, quelle qu’en soit la nature, même quand il s’agit des sujets les plus tabous.

Quand il s’agissait, il y a quelques années, de réformer la Moudawana, l’activisme et l’engagement des associations féministes ont trouvé dans la démarche scientifique leur meilleur allié. Par les faits, les chiffres et les statistiques, il a été plus aisé d’abord d’élargir le champ du débat en associant toutes les couches et catégories puis de faire prendre conscience aux Marocains des enjeux sociétaux de la réforme.

Viol, mariage précoce, suicide, usage des drogues et bien d’autres sont autant de phénomènes que la société découvre en grande partie grâce d’abord à des initiatives d’ONG qui s’appuient sur des études scientifiques. Tout récemment, l’arrivée sur la scène publique du débat sur la loi au sujet du cannabis n’aurait pas été possible si, en parallèle, n’avait pas été fait ce travail de vulgarisation, d’explication et de démonstration chiffres à l’appui. Les dernières données sur la violence contre les hommes, autre exemple, lèvent le voile sur un phénomène méconnu au Maroc et qui pourtant existe.

Quand le HCP, entre autres producteurs de chiffres au Maroc, publie ses statistiques sur des phénomènes sociétaux, il s’agit en soi d’un début de prise de conscience ou, au moins, de découverte donc, dans tous les cas, d’une avancée.

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