Edito : Complotite paranoïaque

Edito : Complotite paranoïaque

Le gouvernement a décidé de passer à l’étape suivante en matière de flexibilité de changes.

Ceux qui, il y a un an environ, criaient au loup et mettaient en garde contre la flexibilisation s’en trouvent déboutés et aucune des catastrophes qu’ils prédisaient ne s’est produite. Il n’y a eu finalement ni effondrement du dirham, ni flambée des taux de change contre d’autres devises, notamment le dollar et l’euro, ni érosion des réserves nationales en devises. Rien de tout cela.

Pourtant, en relisant les analyses et les pronostics «pessimistes» qui avaient foisonné à l’époque, particulièrement sur les réseaux sociaux et certains sites électroniques, il fallait s’attendre à une véritable hécatombe. Les argumentaires, explications et autres déclarations officielles ont eu du mal à convaincre même venant des plus hauts responsables en la matière. Rien n’y faisait auprès d’une opinion publique bombardée de tonnes d’informations dont beaucoup fausses. Le diktat du monde virtuel, derrière lequel personne ne sait qui dit quoi et qui fait quoi, a fini par développer une espèce de défiance collective envers non seulement tout ce qui est officiel mais aussi envers la vérité. La fiction plaît parce qu’elle est plus croustillante et moins plate que la réalité.

C’est comme cela aussi qu’en ces temps d’épidémie, le citoyen lambda a développé un virus bien plus dangereux issu d’un croisement de paranoïa et de complotite. Grâce aux nouvelles armes comme les canaux digitaux et  les réseaux sociaux, les paroles, mensonges et affabulations d’imbéciles sont devenus dix fois, cent fois plus audibles. Et on continue…

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