Edito : Généralisation et solidarité

Edito : Généralisation et solidarité

La généralisation de la couverture sociale est une nécessité aujourd’hui indiscutable.

En 2005, le Maroc avait fait un premier pas en instaurant l’assurance maladie obligatoire (AMO) puis un deuxième en 2013 avec la mise en œuvre de la couverture pour les plus démunis, le Ramed. Il ne s’agit là en fait que des deux premiers jalons de la généralisation. Car, malgré l’entrée en vigueur de ces deux régimes, le fait est qu’il y a aujourd’hui encore des millions de marocains qui ne disposent d’aucun filet social et qui, en même temps, n’ont pas les moyens de souscrire ni de payer des cotisations. Dans le monde entier, les régimes de sécurité sociale sont fondés sur un principe central qui est la solidarité. Les fonds de retraites sont une forme de solidarité entre les actifs et les retraités. Les régimes de couverture et d’assurance médicale ne peuvent fonctionner que dans le cadre d’une solidarité entres les cotisants en fonction du niveau de leur revenu.

Toutes les formes de filets sociaux ne peuvent être viables sans cette solidarité. Or aujourd’hui, il existe au Maroc des couvertures sociales à plusieurs vitesses. Dans le secteur privé, la grande majorité des entreprises souscrit des contrats dits groupés pour assurer une couverture médicale pour leurs salariés. Qu’adviendra-t-il de ces produits d’assurance contractés auprès de compagnies privées ? Quelle articulation y aura-t-il entre le régime AMO de la CNSS et les couvertures des compagnies d’assurances ? Ces questions ont été posées sur la table au moment même de l’entrée en vigueur de l’AMO mais n’ont jamais été sérieusement et courageusement traitées. Si la décision est prise pour que dans cinq ans, tous les Marocains soient couverts, des décisions courageuses sur le plan politique devront être prises…

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