Edito : Mutation génétique

Edito : Mutation génétique

Il serait trop réducteur et naïf de penser que la promulgation d’un texte de loi et la création d’une agence suffiraient à donner de la consistance à une vraie réforme des entreprises publiques.

Car il ne s’agit là, en fait, que de résultantes qui devraient venir couronner le travail de refonte qui, lui, doit se faire en profondeur. L’intention est très louable, la volonté semble y être cette fois-ci et la décision de repenser l’action et l’architecture des entreprises publique s’impose. Cela personne aujourd’hui ne peut le contester.

Mais pour donner réellement une traduction fidèle de la volonté royale, l’administration et le gouvernement devraient d’abord faire un état des lieux, un diagnostic très précis et développer un modèle viable et durable. Car regrouper deux offices ou entreprises, voire trois ou plus, dont les activités sont proches ou complémentaires, n’en est pas moins une démarche compliquée, qui plus est, touchant à des activités souvent sensibles.

Et il ne s’agit pas seulement d’opérations portant sur des immobilisations physiques, des bâtiments, des installations physiques dont la propriété est légalement transférée par voie de décrets ou des organigrammes à faire fusionner en un seul.

Qu’elle compte 100 ou 1.000 salariés, qu’elle opère sur un, deux ou même trois secteurs à la fois, le principal problème d’une entreprise publique restera toujours le même : la dualité de sa gouvernance au titre de sa tutelle étatique de son statut d’opérateur économique. Dans bien des cas, la performance économique de l’entreprise publique est plus tributaire de contraintes et de dysfonctionnements inhérents à sa relation avec l’Etat qui relèvent le plus souvent aussi de politiques publiques. Une vraie réforme ne pourrait être que génétique.

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