Edito : Plus qu’un fonds…

Edito : Plus qu’un fonds…

Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement s’apprête à entrer en fonction. Une première enveloppe de 15 milliards est déjà bloquée dans le projet de loi de Finances 2021 et le projet de loi de sa création sera incessamment validé par le gouvernement et transmis pour vote aux élus, son entrée en vigueur étant attendue pour 2021.

Si les contours précis ont été tracés par le Souverain lors de son discours en ouverture de la session parlementaire au mois d’octobre, il appartient au gouvernement et aux politiques de manière générale de veiller à ce que la mise en application soit fidèle au modèle initial. Car, tel que décrit et voulu par le Souverain, à juste titre d’ailleurs, la vocation du fonds va au-delà d’un simple mécanisme institutionnel de financement de projets.

Il sera un vecteur structurant pour la nouvelle vision économique et l’industrialisation. Il y a deux décennies, en l’an 2000, le Fonds Hassan II était créé pour accompagner la dynamique d’investissement enclenchée par le Maroc. A cette époque, les enjeux et les objectifs étaient autres. Beaucoup d’industries ou de secteurs n’existaient pas ou qu’à l’état encore embryonnaire, notamment l’aéronautique, l’automobile, l’offshoring, l’électronique…

Le Maroc devait rattraper son grand retard en la matière et surtout se doter aussi d’infrastructures modernes. C’est en grande partie grâce à la mobilisation du Fonds Hassan II combiné à des investissements publics massifs dans les infrastructures et des stratégies sectorielles que le Maroc a pu en l’espace de 20 ans changer de statut et devenir une plateforme industrielle reconnue à l’échelle mondiale pour certains secteurs.

Aujourd’hui, la situation est légèrement différente. Certes, il y a un objectif commun qu’est l’investissement mais avec de nouveaux enjeux et des contraintes autres que celles d’il y a 20 ans. Les grandes mutations que connaît la géo-économie mondiale, la redistribution des cartes et les tendances lourdes comme le numérique et les nouvelles technologies nécessitent de nouveaux types de réponses qui vont bien au-delà du seul financement. Le Fonds Mohammed VI façonnera probablement le visage du Maroc de 2040.

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