Edito : Recentrage national

Edito : Recentrage national

L’annonce du groupe français Renault au sujet de ses projets au Maroc doit donner à réfléchir.

Après le passage de la pandémie, au sens sanitaire et après la fin des décomptes morbides à travers le monde, ce sera un autre type de comptage qui commencera dans les semaines qui viennent. Avec l’amorce du déconfinement un peu partout dans le monde et le retour progressif aux activités normales, on commencera à compter les cadavres au sens économique du terme. Certes, déjà depuis quelques semaines, les annonces de faillites, de fermetures, de vagues de licenciements se multiplient à travers le monde y compris parmi les leaders mondiaux dans leurs secteurs.

Étant donné qu’il est pleinement intégré dans l’économie mondiale et dans les chaînes de production de valeur pour beaucoup de secteurs, le Maroc sera forcément atteint par ces ondes de choc. La première vient d’ailleurs d’être enregistrée avec l’annonce de la part du constructeur Renault de la suspension de son projet d’extension au Maroc qui pourrait même s’accompagner par un redimensionnement de ses effectifs actuels dans les usines de Tanger et Casablanca.

Il y a de fortes chances que cela se produise puisque le groupe a annoncé que 10.000 emplois dans le monde sont concernés soit par des départs volontaires, soit par des reconversions ou de la mobilité interne. Une manière diplomatique de parler d’un plan social.
C’est là une fenêtre idéale et inespérée, quoique forcée, qui s’ouvre pour le Maroc et pour ceux qui travaillent sur les stratégies sectorielles, notamment celle industrielle, pour reconfigurer les plans et pour faire en sorte que les piliers de notre industrie soient d’abord et avant tout des industriels marocains. Savoir si oui ou non nous en avons les capacités est une question qui n’a plus lieu d’être.

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