Edito : Rééquilibrer au lieu d’alléger

Edito : Rééquilibrer au lieu d’alléger

Les opérations de départs volontaires de grande envergure, comme celle aujourd’hui posée sur la table, sont très souvent des actions à double tranchant.

S’il est vrai que sur le plan financier, l’allègement des effectifs se répercute mécaniquement et immédiatement sur la facture de la masse salariale à la fin du mois, il n’en demeure pas moins qu’il peut y avoir des effets indésirables que ce soit à court ou long terme. La conséquence la plus évidente de tels départs réside dans le risque d’appauvrir une administration publique qui est déjà en manque de compétences et de bras. Car, contrairement à une idée répandue, l’emploi dans le secteur public, toutes catégories confondues, n’est pas du tout pléthorique ni en sureffectif. Le Maroc comptait à fin décembre 2019, 564.549 fonctionnaires, soit un ratio de 16 par 1.000 habitants. Ce niveau est extrêmement faible comparé à celui d’autres pays, notamment ceux développés. Il est de 159 en Norvège, 142 au Danemark, 138 en Suède, 100 au Canada ou encore 80 au Royaume-Uni et 78 en Autriche.

L’administration marocaine a encore grandement besoin d’étoffer ses effectifs, en profils et en compétences. A cela s’ajoute le fait que chaque année, plusieurs milliers de fonctionnaires partent naturellement à la retraite. Ajouter à cela qu’un départ massif n’est peut-être pas si opportun sauf si l’Etat prévoit de remplacer les partants par autant de nouveaux sinon plus qui seraient répartis équitablement sur le territoire national. Car, in fine, le vrai problème de la fonction publique au Maroc est qu’elle est répartie de manière déséquilibrée entre les régions dont quelques-unes connaissent effectivement un sureffectif mais toutes les autres souffrent d’un manque flagrant quand ce n’est pas le désert…

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