Vingt-sept ans se sont écoulés depuis l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône.
Chaque anniversaire est naturellement l’occasion de mesurer le chemin parcouru. Celui de cette année intervient après douze mois particulièrement riches, durant lesquels plusieurs grands choix engagés parfois depuis longtemps ont connu des avancées majeures.
Il y a évidemment le Sahara. Le 31 octobre dernier, la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations Unies a marqué un tournant historique. Adoptée par 11 voix et aucune contre, elle a consacré la place centrale de l’Initiative marocaine d’autonomie dans la recherche d’une solution au conflit. Cette victoire diplomatique n’est évidemment pas arrivée du jour au lendemain. Elle est le résultat de plusieurs années de travail, d’une position restée constante et d’un élargissement continu des soutiens internationaux à l’approche marocaine.
Les douze derniers mois ont aussi apporté leur lot de reconnaissances et de premières. Pour la première fois, le Maroc s’est hissé en tête de l’indice d’industrialisation de la Banque africaine de développement, devant l’Afrique du Sud. Dans le tourisme, avec 19,8 millions de visiteurs en 2025, le Royaume a conforté sa position de première destination africaine et s’est hissé au 22e rang mondial.
Sur le plan économique, les signaux positifs se sont également succédé. Le Maroc a retrouvé son statut «investment grade» auprès de Standard & Poor’s. Le FMI a confirmé que le Royaume continuait de satisfaire aux critères particulièrement exigeants de sa Ligne de crédit modulable. Et la Banque mondiale vient d’estimer la croissance à 4,9% en 2025, soit la meilleure performance enregistrée depuis une décennie.
Une notation financière, un classement industriel, des chiffres du tourisme ou une appréciation du FMI peuvent paraître sans rapport les uns avec les autres. Leur accumulation en si peu de temps dit pourtant quelque chose de tellement simple : le Maroc a changé d’échelle et cela se voit de plus en plus de l’extérieur.
Il y a aussi l’Afrique. Le Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc, lancé il y a près de dix ans, vient encore de faire un grand pas. Le 19 juillet à Freetown, les États membres de la CEDEAO ont signé l’accord intergouvernemental encadrant le projet. Les principales études techniques sont aujourd’hui achevées et une société de projet doit voir le jour à Casablanca. Ce qui était au départ une initiative entre deux pays est devenu progressivement un projet fédérateur associant une grande partie de la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest.
À l’intérieur du Royaume, le mouvement est tout aussi visible. Les chantiers de l’horizon 2030 accélèrent les investissements dans le ferroviaire, les aéroports, les routes, les stades et les infrastructures urbaines. L’industrie prépare déjà de nouvelles étapes dans l’automobile électrique et les batteries. La politique de l’eau a pris une nouvelle dimension. Et sur le plan social, la généralisation de la protection sociale, les aides directes, la santé et l’école sont plus que jamais propulsées au premier rang des priorités dans les politiques publiques.
En vingt-sept ans, le Maroc a profondément changé. Le Royaume du début du règne ne disposait ni de Tanger Med, ni de la LGV, ni des écosystèmes automobile et aéronautique actuels, ni de la même présence économique en Afrique. Son industrie n’avait pas le même poids, le tourisme n’avait pas atteint les niveaux actuels et sa voix sur la scène internationale n’avait évidemment pas la même portée.
Cela se voit à l’œil nu et c’est probablement ce que les douze derniers mois permettent de mesurer avec encore plus de netteté. Des stratégies lancées à des moments différents, dans des domaines parfois très éloignés, produisent aujourd’hui leurs effets en même temps.
Et la grande avancée enregistrée sur le Sahara en est sans doute la démonstration la plus éclatante : certaines visions demandent du temps, beaucoup de constance et parfois plusieurs années avant de porter pleinement leurs fruits.
Vingt-sept ans après, le Maroc continue d’avancer, mais surtout il avance désormais avec des acquis et des fondements solides qui lui permettent de regarder encore plus loin…









