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Éditorial : Contrôle structurant

© D.R

Depuis plus de quinze ans, le Maroc s’est doté d’une institution publique chargée de l’homologation, de la diffusion des normes marocaines et de la délivrance des certificats de conformité des produits mis sur le marché national.

Aujourd’hui, le corpus marocain en la matière compte près de 17.000 normes, pour la plupart alignées sur les standards internationaux. Sur le papier, l’arsenal est donc solide, structuré et parfaitement comparable à celui de nombreux pays avancés.
Mais disposer de normes est une chose. Les faire respecter effectivement en est une autre, bien plus complexe.
Dans les secteurs les plus sensibles, notamment l’alimentaire et le pharmaceutique, qui touchent directement à la santé des citoyens, le Maroc a très tôt mis en place des organismes spécialisés chargés du contrôle et de la vigilance. Pour autant, ni le Maroc, ni aucun autre pays au monde, n’est en mesure de contrôler de manière systématique l’ensemble des produits fabriqués localement ou importés, ni les volumes considérables qui circulent chaque jour sur le marché.

C’est dans ce contexte qu’interviennent, de manière récurrente, les opérations coup de poing et les campagnes de sensibilisation ciblant certains produits de grande consommation jugés dangereux, souvent à la suite d’accidents graves, parfois mortels. Ces actions, aussi nécessaires soient-elles, restent par nature réactives et ponctuelles.
Or, à mesure que le Maroc élève ses standards économiques, industriels et commerciaux, il se retrouve naturellement contraint de s’aligner sur les meilleures pratiques internationales en matière de contrôle et de prévention. La décision de se doter d’une entité spécifiquement dédiée au contrôle de la conformité des produits aux normes (lire l’article en pages 4 à 6) est une suite logique, presque incontournable, pour une économie en voie d’émergence.
Au-delà de la protection du consommateur, cette démarche peut avoir des effets structurants profonds. Car qui dit conformité aux normes dit traçabilité, et qui dit traçabilité implique nécessairement une mise à niveau des processus en amont, à tous les stades de la chaîne de production et de distribution. C’est là, potentiellement, un levier puissant pour assainir le marché et surtout réduire l’informel.

En définitive, le respect des normes ne doit pas être vu comme une contrainte administrative de plus mais plutôt comme un choix de société, un marqueur de maturité économique et, surtout, un investissement direct dans la sécurité, la qualité et la confiance. Arrivé à un certain niveau de développement, la question n’est plus de savoir s’il faut contrôler davantage, mais comment en faire un réflexe durable plutôt qu’une réaction à l’urgence.

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