Editorial

Éditorial : Équité et embellie fiscales

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En 2026, les recettes fiscales devraient culminer à 363 milliards de dirhams, contre seulement 200 milliards en 2020. Le chiffre a été à juste titre mis en avant par le Chef du gouvernement lors de son entretien télévisé de cette semaine. En l’espace de six ans, donc, elles auront quasiment doublé. Du jamais vu. Pourtant, depuis la loi de Finances 2022, l’Exécutif a multiplié les gestes en faveur des contribuables, qu’il s’agisse du barème de l’impôt sur le revenu ou de celui de l’impôt sur les sociétés. On aurait pu craindre une contraction des recettes. Or c’est l’inverse qui s’est produit.
La seule et unique explication possible tient dans l’élargissement de l’assiette fiscale. Ce que les pouvoirs publics ont longtemps cherché sans succès – faire entrer dans le circuit formel de nouveaux acteurs, notamment issus de l’informel mais pas seulement – semble enfin devenir réalité. C’est l’équation tant commentée : abaisser les taux pour mieux capter la base. Et cette fois-ci, la mécanique a fonctionné. À cela s’ajoute un autre signal positif : la structure de l’impôt sur le revenu se rééquilibre peu à peu entre revenus salariaux, prélevés à la source, et revenus professionnels, déclaratifs, ouvrant la voie à une véritable équité fiscale, longtemps brandie comme un vœu pieux.
Au bout du compte, l’augmentation des recettes ne résulte pas d’un effort supplémentaire demandé à ceux qui payaient déjà, mais d’une contribution plus large, mieux partagée. Une avancée discrète, mais décisive : car une fiscalité perçue comme plus juste est le premier pas vers un pacte de confiance durable entre l’État et ses citoyens.