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Éditorial : Invisible mais utile

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Il est des actions publiques qui passent presque inaperçues et dont les répercussions positives sur le tissu économique sont pourtant immédiates, concrètes et indiscutables. L’une d’elles concerne les délais de paiement dans la commande publique.

Les derniers chiffres de l’Observatoire des délais de paiement, relevant du ministère de l’économie et des finances, révèlent une nette amélioration. En 2024, le délai moyen de règlement par les administrations publiques et les collectivités territoriales s’établit à 18 jours, contre 21 jours en 2018. Pour les seuls marchés publics, ce délai atteignait encore 41 jours il y a six ans.

Mais au-delà des délais exprimés en jours, c’est en valeur que l’impact est le plus significatif. En libérant plus rapidement les paiements, les pouvoirs publics ont injecté, rien qu’en 2024, près de 73 milliards de dirhams dans le circuit économique, permettant aux entreprises de maintenir leur activité et de préserver les emplois.

Les établissements et entreprises publics ne sont pas en reste : leurs délais de paiement ont été réduits de moitié, pour s’établir aujourd’hui à 31 jours, un exploit comparé à la situation d’il y a quelques années.
Autre effet vertueux : le respect accru de la législation sur les délais de paiement a généré, en 2024, quelque 1,5 milliard de dirhams de recettes pour l’État, au titre des pénalités et amendes. Ironie du sort : c’est peut-être aussi parce qu’elle coûte cher qu’une loi finit par être appliquée.