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Éditorial : Jackpot illégal

© D.R

Il y a des réalités que les chiffres rendent impossibles à ignorer. Le marché des paris sportifs illégaux en est une.

Lorsque 3,5 milliards de dirhams circulent chaque année en dehors de tout cadre légal, ce n’est plus une simple anomalie, mais un dysfonctionnement structurel et dangereux. Et lorsque, de surcroît, cette dérive prive l’État de plus de 700 millions de dirhams de recettes en une seule année, la question devient éminemment publique.

Le Maroc a fait le choix assumé d’investir dans l’industrie du sport, ses infrastructures, ses écosystèmes, ses fédérations, ses talents et ses grands rendez-vous internationaux. Ces choix ont un coût, mais ils ont surtout un sens : celui de faire du sport un levier de développement, de cohésion sociale et de rayonnement. Or, pendant que cet effort est consenti, une partie importante du marché des paris prospère dans l’illégalité la plus totale, sans règles, sans fiscalité et sans contribution à l’intérêt général.
Il ne s’agit pas ici de stigmatiser une pratique, mais de rappeler un principe universel simple : toute activité économique doit s’inscrire dans un cadre clair, équitable et contrôlé. Au Maroc, comme ailleurs, les paris sportifs sont encadrés, régulés et participent directement au financement du sport. Ici, ils alimentent une économie parallèle qui pénalise l’État, fragilise les acteurs légaux et expose les citoyens à des risques multiples.

Car au-delà du manque à gagner budgétaire, l’illégalité ouvre la porte à d’autres dérives : absence de protection des joueurs, opacité des transactions, risques de blanchiment et atteinte à l’intégrité des compétitions. Autant de menaces qui appellent une réponse ferme et cohérente.
Laisser prospérer un tel marché parallèle n’est ni soutenable ni acceptable. Réguler, contrôler et récupérer des recettes aujourd’hui perdues n’est pas une option idéologique. C’est une nécessité économique, institutionnelle et morale de même que lutter contre le jeu illégal est une urgence sociétale…

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