Dix-sept milliards de dollars ! C’est le montant astronomique que le géant Meta a accepté de mettre sur la table aux États-Unis pour mettre fin à des poursuites portant sur les effets de ses plateformes sur les mineurs.
L’accord ne vaut pas reconnaissance de culpabilité. Mais à ce niveau, le signal est difficile à ignorer : les dégâts potentiels des réseaux sociaux ne sont plus un sujet marginal.
Et au Maroc aussi, la question mérite d’être posée.
Tout le monde connaît la vitesse avec laquelle une rumeur, une fake news ou un appel peut aujourd’hui se propager. Et parfois, ce qui commence sur un smartphone peut finir dans la rue. Les événements récents autour de Sebta l’ont encore montré. Des appels et des informations trompeuses circulent, des jeunes se mobilisent et les conséquences deviennent très concrètes : mise en danger des personnes, tensions, perturbation de l’ordre public et même répercussions diplomatiques.
Aujourd’hui, la loi permet déjà de sanctionner celui qui menace, diffame, incite ou diffuse des contenus illicites. Mais entre celui qui publie un message et les milliers de personnes qui vont le voir, il existe désormais un acteur autrement plus puissant : l’algorithme. C’est lui qui recommande, répète et parfois propulse un contenu auprès d’une audience que son auteur n’aurait jamais pu atteindre seul. Et c’est probablement là que le débat doit maintenant évoluer.
Les grandes plateformes ne sont plus de simples supports neutres. Elles organisent la circulation des contenus et décident largement, par leurs algorithmes, de ce qui sera vu et de ce qui le sera moins.
L’Europe a déjà commencé à leur imposer des obligations particulières. Le Maroc devra, lui aussi, ouvrir ce chantier en urgence.
En plus de ceux qui publient sur les réseaux sociaux, il est peut-être grand temps de regarder aussi la responsabilité de ceux qui donnent à leurs publications une puissance qu’elles n’auraient jamais eue seules.










