Les derniers indicateurs touristiques publiés par le Haut-Commissariat au Plan confirment sans ambigüité la dynamique haussière durable du secteur.
Les recettes générées par l’industrie du voyage ne cessent de progresser et renforcent, année après année, le rôle structurant du tourisme dans la création de richesse nationale. En cinq ans seulement, sa contribution au PIB est passée de 6,8% à 7,3%, pour atteindre l’impressionnant volume de 116 milliards de dirhams. Une tendance encore confirmée à la fin octobre 2025 avec un nouveau record dépassant les 113 milliards de dirhams de recettes.
Ces performances sont historiques. Elles témoignent d’un modèle touristique qui gagne en solidité, en attractivité et en rentabilité, soutenu par les réformes, les grands projets hôteliers, le développement des connexions aériennes et la montée en gamme de l’offre. Pourtant, malgré ces succès, le secteur recèle encore d’importants gisements inexploités. Les recettes restent largement concentrées sur deux piliers : l’hébergement et le transport – principalement aérien. Le reste des segments, pourtant porteurs, demeure marginal dans la dépense globale du visiteur.
Un touriste dépense en moyenne 6.000 dirhams au Maroc durant son séjour. Une fois l’hébergement et le billet d’avion retirés, les dépenses additionnelles restent réduites. C’est là que se situent les marges les plus prometteuses : l’artisanat, la restauration, les loisirs, le sport, le tourisme culturel et évènementiel, les circuits intérieurs ou encore les expériences immersives. Ce sont ces composantes qui prolongent la durée de séjour, augmentent la dépense unitaire et irriguent directement le tissu productif local, les TPME, les territoires et l’emploi.
Le Maroc doit désormais franchir une nouvelle étape : mieux capter la valeur. Nous avons réussi à attirer les voyageurs, il nous reste à capter davantage leur consommation, à élargir la chaîne de valeur et à intégrer pleinement les acteurs régionaux.
Le nouveau défi du tourisme marocain, après avoir rempli les avions et les hôtels, sera de transformer chaque visite source de valeur ajoutée en une richesse locale et en de nouvelles opportunités. Le Maroc a les atouts, les talents et l’offre. Il ne lui manque plus que d’oser viser plus haut et surtout plus large.










