C’est un vieux film repassé un peu trop souvent sur les écrans européens. Les producteurs marocains de tomates se retrouvent, une fois encore, au cœur d’une campagne de dénigrement qui tente de semer le doute sur la conformité de leurs produits.
Une mécanique désormais bien huilée où certaines parties, arc-boutées sur leurs intérêts économiques, manipulent chiffres et statistiques officielles pour brandir des accusations sans fondement. L’association professionnelle du secteur vient d’ailleurs de réagir avec vigueur (lire l’article en page 10). Sauf que pointer du doigt la désinformation ne suffit plus à désamorcer des offensives qui se répètent inlassablement.
Pendant des années, la défense marocaine a reposé sur le même réflexe. On répond, on rectifie, on déplore. Des institutions publiques, pleinement dans leur rôle, entrent en scène, les opérateurs montent au front, la vérité finit par reprendre ses droits et les esprits s’apaiser… jusqu’au prochain épisode. Or l’environnement a changé. L’Union européenne, dans ses instances les plus hautes, ne doute plus ni de la qualité des productions marocaines ni du sérieux des contrôles et normes qui les encadrent.
Le «label Maroc» s’est construit une réputation solide, appuyée par des success-stories mondialement retentissantes dans de nombreux secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables, l’agro-industrie.
Le temps est donc venu de dépasser cette posture défensive. Le marché européen est un espace de rivalités féroces où l’information, l’image et le storytelling sont devenus des armes commerciales à part entière. Les producteurs de tomates, par exemple, ne peuvent plus attendre d’être attaqués pour expliquer qui ils sont. Ils doivent prendre les devants, parler directement aux consommateurs, aux distributeurs, aux médias européens. Porter la voix du produit marocain jusque dans les rayons, raconter son histoire, ses terroirs, ses contrôles, ses atouts climatiques et environnementaux. Bref, faire de la communication une composante stratégique du métier.
Il ne s’agit pas d’un superflu marketing, mais d’une évolution nécessaire. Les adversaires et concurrents ne désarmeront jamais. Le Maroc, lui, n’a plus rien à prouver. Il doit désormais s’affirmer, assumer sa montée en puissance et s’inscrire pleinement dans le jeu de la concurrence internationale. Une tomate sûre, savoureuse et produite avec exigence mérite bien mieux que de se justifier sans cesse. Elle mérite qu’on la défende avant même qu’elle ne soit attaquée.









