La séquence qui se joue en ce début de semaine à Rabat, à travers la tenue de la Commission mixte Maroc-Sénégal, est la traduction concrète, presque pédagogique, de l’esprit de la lettre royale adressée il y a quelques jours. Plus qu’un simple appel à la raison, ce message est l’expression même de la sagesse, du doigté et de la lucidité qui ont de tout temps caractérisé l’action du Royaume.
Certes, les Marocaines et les Marocains, probablement sans exception, ont eu le sentiment, il y a à peine une semaine, de s’être fait voler un rêve et un trophée légitimement convoité. Mais comme le Souverain l’a si justement rappelé, il convient de redonner à chaque chose sa juste et vraie dimension. Oui, remporter une CAN organisée sur nos terres aurait constitué un formidable booster national. Mais ne pas la gagner ne saurait, en aucun cas, se muer en catastrophe historique au-delà des annales du football.
La lucidité et le leadership dont fait preuve le Maroc dans la conduite de ses partenariats internationaux font qu’une séquence aussi douloureuse que celle d’une finale perdue ne peut, et ne pourra jamais, dépasser son strict cadre sportif, encore moins se transformer en un incident politico-économico-diplomatique majeur. Ceux qui, de l’autre côté, s’évertuent encore à souffler sur les braises dans l’espoir de reproduire un scénario similaire à la triste – et non moins célèbre – mascarade d’Oum Darmane face à l’Égypte, n’ont tout simplement aucune chance d’aboutir.
Car avec le Sénégal, comme avec ses autres partenaires historiques, en Afrique comme ailleurs, le Maroc a toujours su instaurer une relation fondée sur le respect, précisément grâce à cette capacité rare à faire la part des choses et à traduire ses principes, sa vision et ses paroles en actes cohérents. Il faudrait être d’une singulière légèreté pour laisser un match de football, le temps d’une soirée, fragiliser une réputation et une crédibilité patiemment et brillamment construites sur plusieurs décennies.
L’Histoire, elle, se souvient toujours des nations qui savent garder leur cap lorsque l’émotion appelait au dérapage.









