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Éditorial : Réinventer les territoires

© D.R

Pendant des années, beaucoup de régions ont fini par se ressembler. Même logique, mêmes priorités, mêmes schémas de programmation.

Une zone industrielle ici, quelques équipements publics là, des programmes de voirie, d’éclairage, d’aménagement urbain… avec, au bout, des plans de développement souvent construits sur un canevas classique et presque uniformisé.

Le changement qui commence à se dessiner avec la révision du cadre régissant les régions va probablement bousculer cette manière de faire. En tout cas, il ouvre clairement d’autres possibilités.
Les moyens financiers deviennent plus importants. Les marges de manœuvre aussi. Les régions auront davantage de liberté pour imaginer leurs propres montages, chercher des partenaires, attirer des investisseurs ou construire des projets plus adaptés à leurs réalités locales. Mais cette liberté peut aussi devenir un piège si elle se limite à reproduire les anciens réflexes avec simplement un peu plus de budget.
Le défi, désormais, sera surtout de sortir du développement «copier-coller». Une région ne peut plus se contenter d’aligner des projets sans réfléchir d’abord à ce qu’elle veut devenir. C’est presque une question d’identité territoriale.

Certaines régions ont une vocation industrielle naturelle. D’autres disposent d’un potentiel agricole énorme. D’autres encore peuvent miser sur la logistique, le tourisme, les services, les énergies renouvelables ou certaines filières spécifiques. Encore faut-il construire une vision cohérente autour de ces atouts.
Et c’est là que les choses deviennent plus intéressantes. Parce qu’on demande désormais aux acteurs territoriaux autre chose que de la simple gestion administrative. On leur demande de penser stratégie. De créer de la valeur. D’aller chercher de nouvelles ressources. D’imaginer parfois des montages plus originaux associant collectivités, entreprises privées, investisseurs ou même tissu associatif.
Toutes les régions ne réussiront pas ce virage au même rythme. Certaines continueront peut-être à gérer le quotidien. D’autres pourraient au contraire profiter de cette nouvelle phase pour totalement changer d’échelle.
Et la vraie question commence seulement maintenant : quelles régions auront l’audace de se réinventer au lieu de simplement administrer leur territoire ?