Dans un Maroc en pleine transformation, engagé avec détermination sur la voie de l’émergence et des standards internationaux en matière de qualité urbaine, d’ingénierie et de sécurité, des drames comme celui qu’a connu la ville de Fès ce mercredi matin ne devraient plus exister.
Le pays a résolument tourné la page de l’improvisation et des défaillances structurelles. Même dans nos belles médinas pluriséculaires, là où les bâtisses portent parfois des siècles d’histoire, les effondrements ne sont presque plus tolérés : restaurations profondes, reconstructions contrôlées et suivi technique ont justement été pensés pour éviter que l’usure du temps ne se transforme en piège mortel.
A fortiori dans des quartiers plus récents, censés refléter les progrès normatifs du Maroc moderne, l’effondrement de constructions «récentes» est tout simplement inconcevable. C’est une anomalie. C’est une rupture brutale avec l’image d’un pays qui investit massivement dans ses infrastructures, qui construit des hôpitaux, des écoles, des universités, des routes, des ports, et qui se projette vers des événements planétaires. Comment accepter alors que l’on puisse encore mourir sous les décombres d’un immeuble censé répondre aux règles les plus élémentaires de construction ?
Ces scènes ne sont pas seulement des drames humains, elles sont les résidus d’un passé qui ne doit plus subsister, les dernières traces d’une époque où certaines pratiques échappaient encore au contrôle, où les responsabilités se diluaient parfois facilement entre les mailles des filets. Le Maroc d’aujourd’hui ne peut plus et ne doit plus se permettre ces retours en arrière.
La modernisation n’est pas seulement une ambition économique, c’est une obligation morale : celle de protéger chaque citoyen, dans chaque quartier, sans exception. Et c’est là la vraie question : accepterons-nous de laisser ces catastrophes comme de simples accidents et faits divers, ou en ferons-nous des points de non-retour ?










