En demandant au Conseil supérieur des oulémas d’émettre une fatwa complète sur la zakat, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a, une fois de plus, donné du sens et de la profondeur à la réforme. Bien que ce geste soit d’apparence purement religieuse, il traduit une volonté beaucoup plus vaste : celle de réconcilier la foi avec la modernité, la spiritualité avec l’économie, le devoir individuel avec la solidarité collective et nationale.
Cette «Zakat 2.0» est loin d’être une simple innovation de circonstance ; elle est l’expression d’une continuité tranquille et déterminée. Depuis toujours, le Maroc s’est distingué par sa capacité à faire évoluer la norme religieuse sereinement et sans la dénaturer, à inscrire les valeurs de l’islam marocain 9modéré, équilibré, solidaire et humain – dans la marche du monde. Aujourd’hui, la zakat quitte le champ strictement traditionnel des céréales et bétail, pour entrer dans celui de l’économie réelle : entreprises, services, investissements, nouveaux métiers, actifs et revenus modernes. Elle devient une conscience économique, une éthique appliquée à la prospérité.
À travers cette initiative, Amir Al Mouminine rappelle aussi que la modernisation du champ religieux est une œuvre nationale, indissociable du développement du pays et de l’évolution de la société. C’est une réforme qui est de nature à apaiser, structurer et surtout inspirer. Elle rappelle à chacun que la richesse, quelle qu’en soit la forme, porte une responsabilité ; que la croissance et la prospérité n’ont de valeur et de sens que si elles sont réellement inclusives et partagées.
Dans un monde où la solidarité s’effrite et où l’économie s’autonomise de l’éthique, le Maroc trace un autre chemin : celui d’une modernité enracinée, fidèle à sa foi et ouverte sur l’avenir.
Bâtir un modèle de développement durable, c’est aussi – et peut-être d’abord – redonner du sens à un concept profondément enraciné dans la conscience collective marocaine, à savoir la Baraka.









