Il est toujours étonnant de voir à quel point certains peuvent tordre un document, pourtant limpide, pour lui faire dire exactement l’inverse de ce qu’il dit. À écouter certains «analystes», le dernier rapport de la Banque mondiale sur le Maroc sonnerait comme un désaveu des choix opérés ces dernières années. Une lecture pour le moins tendancieuse. Car à y regarder de près, c’est plutôt l’inverse qui se dégage.
Le rapport ne remet pas en cause les orientations prises. Il les replace dans une trajectoire et, surtout, il en souligne les acquis. Il rappelle que des bases solides ont été construites et que le Maroc dispose aujourd’hui d’atouts réels pour aller plus loin. Ce qu’il dit, en revanche, c’est que ces bases ne suffisent pas en elles-mêmes à produire tous leurs effets, notamment en matière d’emploi.
La croissance est là, mais elle ne se traduit pas encore pleinement en opportunités, en particulier pour les jeunes et les femmes. L’économie avance, mais certaines contraintes structurelles continuent de freiner son potentiel. Difficultés d’accès au financement ou au foncier, environnement réglementaire perfectible… autant de points qui ne relèvent pas d’un constat nouveau, mais que le rapport vient souligner.
Plus intéressant encore, il ne se contente pas de pointer des limites. Il trace des pistes concrètes. Libérer davantage l’investissement privé, améliorer l’efficacité des marchés, mieux intégrer les femmes et les jeunes dans l’économie formelle, lever les obstacles administratifs… autant de leviers identifiés pour accélérer la transformation et pour lesquels, d’ailleurs, des feuilles de route sont déjà en cours d’implémentation.
Au fond, ce rapport ne dit pas que le Maroc s’est trompé. Il dit qu’il a tout pour faire mieux, et surtout aller plus loin. Nuance importante.









