Editorial

Finances proactives

© D.R

Dans une période marquée par des perturbations et des incertitudes de différentes natures, la gestion des finances publiques ne peut se faire qu’en mode «flux tendus». Entre les poussées inflationnistes à l’échelle mondiale qui impactent directement les prix et le pouvoir d’achat, les perturbations climatiques qui exposent les secteurs agricole et alimentaire aux aléas et risques de pénurie ou encore les incertitudes comme celles liées aux conflits qui pèsent de tout leur poids sur l’investissement et le commerce mondial, sans oublier les effets résiduels d’une longue pandémie, pas toujours levée d’ailleurs, les gestionnaires des finances publiques doivent de plus en plus parer aux urgences et aux priorités qui ne font souvent pas partie des volumes planifiés dans les lois de Finances. D’où d’ailleurs les décisions successives prises par le gouvernement de faire des rallonges budgétaires destinées à allouer des fonds à des dépenses ou programmes imprévus, comme l’eau, la sécheresse ou encore le soutien apporté à des secteurs spécifiques.
Mais pour pouvoir le faire, encore faut-il disposer de marge de manœuvre de sorte que les fonds mobilisés soient d’abord disponibles et, surtout, qu’ils ne viennent pas déséquilibrer les structures budgétaires fragiles au risque de compromettre d’autres politiques publiques tout aussi vitales. Et pour maintenir cet équilibre entre l’action planifiée et la nécessaire réaction aux urgences imprévues, la gestion des finances publiques doit forcément devenir proactive et à un niveau de précision chirurgicale comme l’exposait si bien il y a quelques jours le ministre en charge du budget devant les élus.