EditorialUne

Inclusion durable

© D.R

Le dispositif que vient de mettre en place le gouvernement, à travers l’Agence nationale du soutien social, en faveur des enfants abandonnés ou orphelins, marque une avancée majeure supplémentaire dans la construction progressive de l’État social au Maroc.

Une avancée qui, au-delà de son impact immédiat, consacre surtout un changement profond de philosophie dans la conception même des politiques sociales.
Pour la première fois dans l’histoire des programmes sociaux nationaux, l’action publique ne se limite plus à la seule prise en charge institutionnelle de ces enfants, aussi indispensable soit-elle. Elle va plus loin. En complément de leur accueil dans des établissements publics spécialisés, ces enfants bénéficieront désormais, en vertu de la loi, d’allocations mensuelles versées directement par l’État sur des comptes bancaires individuels, ouverts à leur nom. Des ressources qui leur seront accessibles une fois l’âge de la majorité atteint.

Ce mécanisme inédit rompt avec une logique purement assistancielle pour lui substituer une approche d’investissement social à long terme. Il ne s’agit plus seulement de protéger l’enfant d’aujourd’hui, mais de préparer l’adulte qu’il deviendra. De lui offrir, dès le départ, un minimum de capital financier lui permettant d’envisager une formation, un projet professionnel, un logement ou tout simplement une insertion digne et autonome dans la société.

À travers ce dispositif, l’État envoie un signal fort: ces enfants ne sont pas uniquement des bénéficiaires de solidarité, ils sont des citoyens à part entière, porteurs de droits, de perspectives et d’un avenir à construire. C’est aussi une manière concrète de lutter contre la reproduction des vulnérabilités sociales, en brisant dès l’amont les cercles de l’exclusion.

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