EditorialUne

Inverser les rôles

© D.R

Avec la réhabilitation de 1 400 établissements de soins de santé primaires, le Maroc opère une transformation profonde, mais encore sous-estimée, de son système de santé (Lire l’article en pages 4 à 6). Car derrière ce programme, ce n’est pas seulement une question d’infrastructures. C’est une redéfinition complète de la manière de soigner.
Pendant très longtemps, le système a été structuré autour de l’hôpital. C’était le lieu du soin, le point de convergence et, c’est vrai aussi, parfois même l’unique recours. Mais cette organisation a fini par montrer ses limites : saturation, inégalités d’accès, prise en charge tardive.
C’est précisément cette logique que le chantier, achevé aujourd’hui, vient changer.

La santé ne commence plus à l’hôpital mais près de chez soi. Dans un centre de santé réhabilité, mieux équipé, mieux organisé, capable d’assurer le suivi, la prévention, le dépistage et l’orientation. Un lieu qui n’est plus périphérique, mais désormais la pièce centrale du dispositif. Une vraie rupture.

Et en rapprochant les soins des citoyens, notamment dans les zones rurales ou éloignées, le Maroc ne fait pas seulement un choix social. Il fait aussi un choix d’efficacité et d’efficience de la dépense publique. Car un système de santé performant n’est pas celui qui soigne le mieux à la fin, mais celui qui agit le plus tôt possible.

Et à regarder de plus près, cette réforme s’inscrit dans une vision plus large : celle d’un État qui ne se contente plus de corriger, mais qui anticipe. Qui ne subit plus les pressions, mais qui organise les réponses suffisamment en amont.

Du coup, et avec de surcroît l’architecture basée sur les groupements sanitaires régionaux, les soins primaires, les équipes en régions et dans les territoires ne sont plus la périphérie. Ils deviennent la première ligne du dispositif. Ils deviennent même le cœur de la stratégie.