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La confiance se mérite

© D.R

Dans l’univers feutré mais impitoyable des marchés financiers internationaux, les agences de notation ne distribuent ni encouragements ni bons points par simple courtoisie ou par complaisance.

Le relèvement de la perspective de la note souveraine du Maroc par Moody’s, passée de «stable» à «positive», n’est donc pas un geste anodin. C’est avant tout un signal de confiance. Et la reconnaissance d’une trajectoire.
Car derrière les lettres et les chiffres de la grille de notation se lit, en fait, une appréciation globale d’un pays : sa capacité à gérer ses équilibres macroéconomiques, à maintenir la stabilité de ses institutions et à préparer son avenir économique à travers les visions, les stratégies et leur déploiement. Sur ce terrain, le Maroc semble aujourd’hui récolter les fruits d’un travail engagé depuis plusieurs années.
La pandémie, la flambée des prix de l’énergie, les sécheresses successives ou encore les tensions géopolitiques ont mis à l’épreuve de nombreuses économies.

Le Maroc n’y a évidemment pas échappé. Mais ces chocs successifs ont paradoxalement servi de révélateur : celui d’une économie capable d’encaisser les turbulences tout en préservant ses fondamentaux.
Cette crédibilité repose sur plusieurs piliers. D’abord, une gestion macroéconomique prudente qui a permis de maintenir l’accès aux marchés et de préserver la confiance des investisseurs. Ensuite, une série de réformes structurelles courageuses – qu’il s’agisse de l’investissement, de la protection sociale ou de la modernisation du tissu productif – qui visent à renforcer durablement le potentiel de croissance du pays. Enfin, un effort d’investissement massif dans les infrastructures et les secteurs d’avenir qui prépare déjà l’économie de demain.

La perspective positive accordée aujourd’hui par Moody’s ne signifie pas que le chemin est terminé. Elle indique simplement que le Maroc se rapproche du statut d’Investment Grade, qui consacrerait l’entrée pleine et entière du Royaume dans le cercle des économies émergentes les plus crédibles.
La confiance internationale ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment. Et, visiblement, elle commence à porter ses fruits.