Ce mercredi 23 septembre, ce sont les électeurs qui ont la parole. Après des semaines de campagne, de meetings, de programmes, de promesses et de débats, les Marocains sont appelés aux urnes pour choisir leurs représentants à la Chambre des députés.
Pendant toute la campagne, les partis ont parlé. Aujourd’hui, c’est au citoyen de le faire. Et il dispose pour cela d’un geste extrêmement simple : voter.
À l’heure où ces lignes étaient écrites, le taux de participation annoncé à la mi-journée était de 11,34%. Un niveau qui reste dans la fourchette observée à la même heure lors des trois précédents scrutins législatifs : 11,5% en 2011, 10% en 2016 et 12% en 2021. Il est naturellement encore trop tôt pour en tirer une quelconque conclusion sur la participation finale. La journée électorale est loin d’être terminée.
Pourtant, à chaque élection revient le même argument chez une partie de ceux qui décident de rester chez eux. Aucun parti ne les convainc. Aucun candidat ne leur convient. Ils ne se reconnaissent pas dans l’offre politique ou considèrent que les programmes proposés ne répondent pas à leurs attentes.
Soit.
Mais ne pas être convaincu est aussi une opinion. Et une opinion peut s’exprimer dans les urnes.
Un électeur peut parfaitement se déplacer et décider de ne donner sa voix à personne. Oui, un bulletin sans indication de vote est considéré comme nul et n’entre pas dans le résultat du scrutin. Mais le geste et sa signification ne sont pas du tout les mêmes que l’abstention. Dans un cas, le citoyen est venu participer au scrutin tout en refusant les choix qui lui étaient proposés. Dans l’autre, il n’est tout simplement pas venu. Une grande différence entre les deux.
Car voter n’est pas seulement choisir un parti ou un candidat. C’est avant tout participer au moment où une décision collective doit être prise. Et lorsqu’aucun choix ne convient, c’est un devoir aussi de venir le dire.
On peut voter pour. On peut voter contre. On peut même se déplacer pour signifier qu’aucun des choix proposés ne nous convient. Mais ne pas venir, c’est laisser les autres choisir. Et il devient alors difficile, dès le lendemain, de leur reprocher d’avoir choisi à notre place.










