La toute nouvelle agence en charge de réglementer les activités liées au cannabis vient de dévoiler au grand jour les premiers indicateurs officiels sur un secteur d’activité qui, il n’y a pas si longtemps, était l’incarnation par excellence de l’opacité et de l’illégalité.
Des centaines d’exploitants, des coopératives dans trois provinces du Nord ont obtenu l’autorisation en bonne et due forme de cultiver cette plante en toute légalité. En aval, des transporteurs, transformateurs, industriels pharmaceutiques et même exportateurs ont eu également le visa de ladite agence pour valoriser la production. Même en amont de la production, c’est l’agence aussi qui contrôle le circuit, la commercialisation et l’importation des semences utilisées.
Et les chiffres récemment publiés donnent un aperçu sur l’ensemble de la chaîne. C’est un tournant majeur pour le Maroc qui a cherché et même tenté durant de longues décennies plusieurs formules pour encadrer ce secteur et surtout pour sortir des milliers de petits cultivateurs de l’illégalité et de la précarité. Le schéma de l’agence qui est basé finalement sur l’idée centrale de la légalisation a visiblement été une décision judicieuse alors que paradoxalement des voix l’avaient dénoncée.
L’expérience actuelle, de la légalisation par voie d’autorité publique de régulation, est surtout un exemple type de démarches inclusives et progressives qui pourrait servir de modèle efficace contre d’autres fléaux tout aussi ravageurs que le cannabis. C’est le cas de l’informel.










